26/10/2011

Au Fil de Cl0 - 3 - APΩCALYPSIS. Tome 1, Cavalier blanc : Alice / Eli Esseriam

Bientôt 2012 alors il est peut être temps de parler de la fin du monde...

On connaît tous la légende, voire la théorie, selon laquelle la fin du monde concorderait avec la fin du calendrier Maya, c'est-à-dire le 21 décembre 2012 … (Profitez, c'est votre dernier Noël ^^) Mais qu'arrivera-t-il exactement à ce moment là ? Un scénario à la Roland Emmerich (Cf. 2012, le film) ? Ou bien carrément le plan biblique déjà énoncé par l'évangéliste Jean ?

Eli Esseriam, qui publie là son premier chef-d’œuvre, a opté pour le deuxième choix. Dans sa pentalogie, Apocalypsis, elle nous livre quatre chevaliers de l'apocalypse à l'apparence ordinaire mais au destin fastueux. Les quatre premiers tomes présentent chacun un de ces personnages : Alice, Edo, Maximilian et Elias. À chaque fois, on découvre leur quotidien, leur vision du monde, mais surtout leur réaction face à la découverte de certaines capacités, et de leur destin. Ils ne se connaissent pas mais pourtant ils sont tous liés. Et c'est seulement dans le cinquième tome qu'ils se rencontreront et exauceront la volonté de Dieu...

Actuellement, seul le premier tome est sorti (les autres paraîtront respectivement en janvier, mai et septembre 2012, du coup suspense sur la fin de l'histoire !!!). J'ai donc commencé par découvrir le personnage d'Alice et franchement... j'ai adoré !! On suit une jeune fille aux connaissances démesurées, on mélange mythe et réalité, on entre petit à petit dans du fantastique tout en ne sachant qu'une chose : l'apocalypse, elle, ne le sera pas, fantastique, et elle est en marche...

Je vous invite vraiment à lire ce roman ! Il est court, se lit rapidement, et si vous rentrez dedans, vous ne pourrez pas vous en extirper avant son terme ! À découvrir avant la fin... du monde car :

La fin du monde est proche.
Ils sont quatre jeunes de 17 ans : Alice, Edo, Maximilian et Elias.
Ils sont les Cavaliers de l'Apocalyspe.
Ils n'épargneront que 144 000 âmes. En ferez-vous partie ?


 






Apocalypsis. Tome 1, Cavablier blanc: Alice, Eli Esseriam, editions Nouvel angle, 238 p.

21/10/2011

Intrusion / Natsuo Kirino

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Tamaki Suzuki est écrivain. Elle voue une fascination certaine pour un livre de Mikio Midorikawa, Innocent, lequel avait fait scandale lors de sa parution, notamment pour son caractère autobiographique. Tamaki, elle, se sent comme investie d'une mission : retrouver l'identité de cette O., femme énigmatique dont on ne sait au final que peu de choses, si ce n'est qu'elle est à l'origine d'une bouleversante histoire d'amour. Une histoire qui n'est pas sans résonances avec celle de Tamaki. Elle a vécu, et vit toujours d'une certaine façon, une liaison conflictuelle avec son ancien éditeur.

Intrusion fait partie de ces livres qui brillent autant par leurs qualités que par leurs défauts. Les uns et les autres alternent mais au final, c'est un sentiment de déception qui plane.

Si Intrusion est un livre sur la quête, quête autour d'un mystère, quête de l'amour mais aussi quête de soi, il est difficile de le percevoir comme un roman policier, ni comme un roman noir. Autant le dire tout de suite pour ceux qui, étant donné la collection à laquelle appartient ce livre, seraient en droit d'attendre une intrigue policière. Quand bien même j'aurais très bien pu apprécier Intrusion s'il n'avait été entaché de scènes insipides dont je n'ai eu que faire, et qui prennent malheureusement le pas sur d'autres plus touchantes ou même plus prenantes.

J'apprécie toujours de me confronter à d'autres cultures dans les livres, d'avoir l'impression de toucher au plus près de celles-ci, loin des clichés habituellement véhiculés ou même de ceux que je me suis construits. De ce point de vue là, j'ai trouvé les livres de Aki Shimazaki plus parlants, plus révélateurs des fondements d'une société, de ses valeurs et de ses traditions. La griffe de Natsuo Kirino laisse moins percevoir ceci. L'approche est plus diluée, ne permet qu'une immersion par petites touches. Alors certes, elle s'intéresse à la condition féminine, évoque la complexité de la relation amoureuse et des bouleversements qu'elle suscite irrémédiablement. Elle dépeint aussi sa condition d'écrivain, démontre d'une certaine manière combien la ligne qui sépare la fiction et la réalité peut parfois s'avérer bien ténue. Mais le problème face à ma lecture est là, car je n'ai que rarement été sensible à ce roman et à ses personnages, qui ne sont restés pour moi que d'encre et de papier.





12/10/2011

L'Entité 0247 / Patrick Lee

Il y a deux mois de ça, peut-être plus mais à la rigueur peu importe, j'ai découvert la couverture et le résumé de ce livre Entité 0247, signé Patrick Lee sur le site des éditions L'Atalante. Immédiatement, je me suis dit que j'allais l'acheter. Tout simplement parce que c'est le genre d'histoire qui me plaît.

Je l'ai acheté. En connaissance de cause après avoir lu une critique sur ActuSF, où on présentait le bouquin comme un bon divertissement, sans plus, où l'action était de mise. Pour peu qu'on veuille se vider la tête sans trop se la prendre, le compromis était louable et je ne m'y suis d'ailleurs pas engouffré avec d'autre intention que celle de me divertir, tout simplement.



Oui.

Mais non.

Parce que autant le dire tout de go, c'est d'un ennui à mourir. L'idée d'une brèche par laquelle des êtres d'un autre espace / temps, d'un monde parallèle ou que sais-je encore, nous enverrait des objets aux facultés, comment dire, surprenantes, sans que l'on puisse communiquer en retour, est plutôt captivante. Et le livre en lui-même ne manque pas d'idées intéressantes non plus, comme cette entité 0247 en elle-même, source d'entropie caractérisée, ou comme cette combinaison d'invisibilité dont la nature se révèle d'une toute autre nature en possession d'un tueur notoire qu'en celle d'un sorcier au front balafré. Malheureusement, c'est une fois de plus le traitement de la chose qui laisse à désirer : pas d'empathie pour des personnages qui se révèlent très vite fades au possible, des clichés gros comme des poutres dans l’œil d'une fourmi (Le héros de cette histoire – Oh my hero ! – pour ne pas être confondu par un hélicoptère lancé à ses trousses en plein milieu de l'Alaska, embrasse à pleine bouche l'héroïne proche de la mort, histoire de donner le change ... hum...), et un rythme si lent qu'il aura eu raison de ma patience à la moitié du livre – ah, c'était une scène d'action ?, bon tant pis.

Je ne saurai donc pas ce qui se cachait de l'autre côté de la brèche, mais Patrick Lee est parvenu à me désintéresser complètement de ce mystère. C'est vous dire l'ampleur du désast... de ma déconvenue.

L'Entité 0247, de Patrick Lee, traduit de l'anglais par Patrick Couton, L'Atalante (Dentelle du cygne), 312 p.
CITRIQ

20/09/2011

Semences / Fran Ray

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Allez, allez, un peu facile le raccourci ! Non ? Vous ne voyez pas de quoi je parle ?! Mauvaise Graine / Semences. Non toujours pas ? Ah si ! Et bien, non ! Rien à voir !

Ma bonne surprise de l'été : Semences. Oui je sais l'automne arrive, mais je ne me sens pas encore de retour au bercail. Et l'été sert aussi à lire ce que nous n'avons pas le temps de butiner le reste de l'année.

Même si ce polar n'était pas prévu dans ma liste de lectures estivales. Pour tout vous dire, il a atterri dans mon panier parce que, premièrement c'est un thriller, deuxièmement un auteur allemand. Et oui, encore un raccourci... 

Il arrive souvent que le hasard, représenté ici en la personne d'un charmant collègue, fasse bien les choses.

Semences est à la fois un roman d'anticipation, un thriller écologique, un essai en biologie avancée et excusez du peu, un agréable et flippant moment de lecture qui commence par la mise en garde suivante :


" Toute ressemblance avec des faits réels n’est pas une coïncidence.

Le complot est déjà en marche.

Il y va de VOTRE vie." 

Je vous résume brièvement l'intrigue et je m'explique.

L'histoire s'ouvre à Paris sur l'assassinat du professeur Frost, biologiste. Tout semble indiquer l'oeuvre d'un groupuscule d’écologistes fanatiques. 

La même nuit, une amie de Frost, médecin, se suicide. Le mari de cette dernière n'arrive pas à accepter son geste et décide de mener sa propre enquête. Il va tenter de comprendre le pourquoi du comment. De son côté, l’inspecteur Irène Lejeune est convaincue qu’un lien existe entre ces deux affaires. Pendant ce temps, un virus inconnu semble se répandre en Ouganda. Alors meurtres isolés ? Fin de la race humaine ? 

Sous couvert d'une écriture sans prétention, mais très agréable à lire, ce thriller cache une intrigue extrêmement bien ficelée et suffisamment tordue pour vous empêcher dorénavant de jeter la moindre fane de carotte sans penser aux conséquences de vos actes ou aux bénéfices que pourraient réaliser les firmes agroalimentaires si, par hasard, vous veniez de détruire la seule trace sur terre de ce fameux légume.

Je ne sais pas si je vous en aurais parlé en ces termes, s'il y a quelques semaines, je n'étais pas tombée sur un reportage traitant à la fois des multinationales de l'agroalimentaire et de cette serre qui recense toutes les variétés de notre flore.

Ce premier roman de Mademoiselle Fran Ray est donc rondement mené du début jusqu'à la fin et extrêmement bien documenté. Alors mes petites pousses, je vous dis à très vite et bonne lecture. Au plaisir !

Mauvaise Graine



14/09/2011

La France tranquille / Olivier Bordaçarre

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De la Force tranquille à La France tranquille, on pourrait penser qu'il n'y a qu'un mot qui sépare cet ancien slogan aux présidentielles du titre du dernier livre d'Olivier Bordaçarre. Il y a plutôt là l'expression d'un glissement écœurant que nous avons tous subi, quoiqu'on en dise, comme des grenouilles trempées dans de l'eau chaude dont on fait monter la température progressivement, histoire de nous avoir à petit feu. Car si la tranquillité a un prix , pour certains, elle ne s'accomplit qu'à travers le prisme de la peur et de l'entretien de celle-ci.

Nogent-le-Chartreux, vingt mille habitants, connaît des jours sombres. Pas uniquement parce que la mairie projette de multiplier l'installation de caméras de surveillance dans la ville, ça tout le monde semble s'en accommoder, mais plutôt parce qu'un meurtre horrible vient d'être commis. La chose est rare dans cette commune réputée pour sa relative tranquillité et où tout le monde connaît tout le monde. Même si la victime n'est autre que l'un des fils Bartavel, famille ne manquant pas de susciter la répulsion auprès de la population locale – la marginalité n'a pas bonne presse - l'émotion est vive. Elle permet en tout cas à chacun de commenter le crime et d'exprimer son point de vue sur l'identité du ou des coupables, de tirer à bout portant sur les populations indésirables dont la culpabilité ne devrait pas échapper aux forces de l'ordre. Aussi quand le tueur s'avère opérer en série, la peur gangrène les uns et les autres, les pousse aux actes les plus extrêmes. Une situation que le commandant de gendarmerie Paul Garand, désabusé et impatient d'obtenir sa retraite anticipée, ne s'imaginait pas un jour avoir à gérer.

«  Derrière ses portes à judas comme autant de vigiles cyclopes, Nogent-les-Chartreux dormait d'un sommeil épais, sans rêve, ses artères ne pompant de la nuit que le silence suspect des déserts sécurisés. La vie s'était repliée vers les appartements coquets des ruelles historiques, puis, en cercles concentriques, vers les immeubles, les quartiers pavillonnaires, les tours de la cité du Bas, les maisons aux volets clos le long du canal et les dernières fermes vétustes des paysans rescapés.
On s'était rincé l'oeil au divertissement télévisuel du samedi soir à quatre-vingt-dix-huit pour cent de matière grasse – les miraculeux deux pour cent de matière grise résiduels étant l'oeuvre de l'ultime fragment d'humanité des « stars » invitées : chanteurs has-been tartinant les écrans plats de leur bêtise et improbables mannequins, la peau plus tendue qu'une baudruche, échouant à faire croire à leur retour sur scène. Le présentateur vedette s'était une fois de plus déshonoré à coups de galéjades d'avant-guerre : le vychisme des chiens de garde est immortel. Mais le somnifère cathiodique avait fait son effet et la ville en écrasait ferme derrière le triple vitrage. Portes blindées, alarmes, caméras de surveillance et patrouilles de gendarmes somnolents veillaient à la tranquillité du vulgum pecus. »

En entamant La France tranquille, j'ai redouté qu'Olivier Bordaçarre, sous prétexte qu'il écrive un livre engagé, ne tire à boulets rouges, même s'il y a effectivement de quoi faire, sur notre société de consommation où l'individualisme a pignon sur rue. J'ai craint qu'il ne mette tout le monde dans le même panier, au risque de se discréditer. J'ai appréhendé qu'il fasse du noir la couleur prédominante de son roman, qu'il ne s'inquiète pas de jouer de nuance et de distance aussi. Et,enfin, qu'il dénigre l'histoire, ses personnages, nous les laissant comme seuls prétextes à exposer ses idées. Or ces craintes ont très vite volé en éclats. Je n'ai pas peur de dire que ce livre là est une véritable réussite, au point même que j'ai éprouvé une sorte de regret à le terminer en une seule journée. Ceci dit, cela m'a donné l'occasion de me frotter à son style, agréablement métaphorique parfois, tout en sachant qu'il serait possible d'y revenir avec ses précédents romans, Géométrie variable et Régime sec.

Alors oui La France tranquille est une véritable réussite même si, bien sûr, on a les poils des bras qui se hérissent quand on lit les propos de ceux qui soit-disant, ne peuvent dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas: des paroles sortant de la bouche de personnages de fiction mais qu'on entend un peu plus tous les jours ici ou là et qui se targuent d'une vérité dont nul ne pourrait se soustraire ; on frémit de cet étalage comme on frémit au son des discours sécuritaires et de leurs conséquences directes dans notre vie de tous les jours. Et à cette occasion, on se rappelle que tout ça n'est pas bien neuf, que la flamme de la mémoire s'éteint vite aux remous de l'Histoire, que lorsque la peur s'insinue en certains, elle craquelle bien des masques avant de les briser enfin pour révéler l'hypocrisie, la haine de l'autre, l'individualisme, réveiller les rancœurs et favoriser la délation. On se rappelle aussi d'une première guerre du Golfe où les gens se précipitaient dans les magasins de peur du manque, se ruaient dans les armureries pour se munir de fusils que des ados se chargeraient de démonter et d'en cacher les pièces dans le domicile dès les premiers signes d'une violente dispute parentale avinée.

Et tout ça se fond parfaitement au scénario de cette histoire, à la richesse de ses personnages, à l'image du commandant Garand, bouffi de ses bons plats et de son humanité, de l'amour qu'il porte à son fils Grégory, de celui qu'il voue encore à sa femme partie dix ans plus tôt et avec laquelle il communique tous les jours. On veut aussi connaître le fin mot de cette histoire, des raisons qui poussent un homme à tuer de façon cruelle des personnes que rien ne rapproche apparemment.

Avec sa caméra à lui, Olivier Bordaçarre sillonne Nogent-le-Chartreux, et sous couvert d'une oeuvre romanesque, il capte, restitue une amère réalité d'aujourd'hui. Mais il n'épie pas, il montre. Là est peut-être toute la différence.

08/09/2011

Tous mes amis sont des super héros / Andrew Kaufman

Je vous vois venir. De loin. Houlà oui, de très loin même. Je vois bien ce que vous devez penser. Ma petite voix me souffle la même chose. Je me serais penché sur ce livre sous le seul prétexte que l'on y parle de super héros, et qu'en tant que super héros, ce titre là a comme qui dirait résonné d'une façon toute particulière. Ce n'est pas le cas. Enfin pas vraiment. Pas seulement, ok ? Disons qu'avant tout, c'est la couverture qui a littéralement fait en sorte que je me jette sur le livre. Parce que sinon, franchement, si c'était vraiment une question de super héros, y'a belle lurette que je vous aurais parlé de Comment je suis devenu super héros, d'Un jour je serai invincible ou bien même, tant qu'on y est, de La vie sexuelle des super héros.Y'a belle lurette qu'à cette occasion, j'en aurai profité de trouver là des prétextes détournés pour parler de moi, afin de me soustraire aux stipulations édictées par la FSHW, la Fédération des Super Héros du Web qui, je le rappelle, conseille d'éviter de parler de soi sous peine de voir sa vie privée mise à mal d'une façon ou d'une autre. Je ne dis pas que je n'ai pas un petit pincement au cœur en voyant un titre me rappelant ma propre condition mais là n'est vraiment pas le propos. Car avec Tous mes amis sont des super héros, vous allez voir, on parle beaucoup d'eux effectivement, mais pour mieux parler de l'Homme. Et de l'amour aussi. Surtout.

L'amour. Le mot est lâché. Vous me direz, en parler dans les romans, ce n'est pas ce qu'on appelle une nouveauté, c'est même d'un banal. C'est si commun. Mais l'évoquer se décline de tant de manières différentes, au point de susciter en nous des réactions qui le sont tout autant. Et l'approche d'Andrew Kaufman s'avère aussi drôle que touchante sans jamais laisser le lecteur indifférent.

« Un roman élégant et d'une incroyable drôlerie sur les affres de l'amour, où les super héros sont des êtres humains pathétiques, faibles, amoureux : des êtres humains plus-que-normaux ». En lisant cette mention sur la quatrième de couverture, j'ai presque été tenté de raccrocher du costume car dans cette phrase, il y a toute l'essence du livre, sa – comme dirait l'autre – substantifique moelle. Sauf... sauf que j'ai quand même quelques petites choses à rajouter...

Si ce roman est effectivement élégant, il est aussi bien barré, bien barré et poétique en même temps. Oui, je sais, se révéler ainsi quand il est question de super héros, c'est un peu surprenant, mais c'est ainsi.

Tom n'est pas un super héros, c'est un gars normal même les êtres aux supers pouvoirs qui l'entouent, si nombreux, le considèrent comme un type vraiment épatant eu égard à sa normalité, justement. Depuis quelques mois, Tom est marié à Super-Perfectionniste. Ils auraient pu couler un amour paisible, se complaire dans leur bonheur mais voilà, Super-Hypno, jaloux, en a décidé autrement en faisant en sorte que Tom devienne totalement invisible aux yeux de Super-Perfectionniste. Et tandis que cette invisibilité prend des airs de manque puis d'oubli, la jeune femme décide de s'envoler pour vivre à Vancouver. Tom devine, sait, que s'il ne parvient pas à se faire voir d'elle au terme de ce voyage ponctué de flashbacks, c'en sera définitivement fini de leur histoire.

Je suis tenté de vous raconter toutes les pépites dont fourmille ce roman , de vous décrire les uns après les autres tous les super héros que l'on rencontre, de Super Télé-Girl qui laisse couler des larmes en forme de télé, en passant par Super-Je-change-d'humeur-à-la-vitesse-du-son, Super-Je-tente-ma-chance, pour finir par Super-Pantoufle qui parvient à transformer chaque jour en dimanche à la maison, voire au lit... Eux et tant d'autres, si vivants, drôles et, oui, si humains.

Il y a de très belles scènes dans ce roman, dont certaines rappellent un certain Boris Vian, une douce folie aussi ainsi qu'une dose d'absurde, de cet absurde qui n'égare jamais le lecteur en route pour la simple et bonne raison qu'il se nourrit de ce que nous sommes, passions, maladresses et doutes compris.

« Tom se remémora l'affreux appartement en sous-sol où il habitait à l'époque. Le pire, c'était le linoléum de la cuisine, tout rayé de traces de talons et de brûlures de cigarettes ; blanc à l'origine, il était devenu d'un gris perpétuellement sale.
Super-Perfectionniste ne pouvait pas supporter ça. Un mercredi, cinq jours après leur premier rendez-vous officiel, elle était arrivée avec deux seaux de peinture pour sol, bleu vif, et deux rouleaux.
« Excellente idée », avait dit Tom.
Ils s'étaient mis au travail immédiatement. Ils avaient commencé à l'endroit où le lino jouxtait la moquette. Ils travaillaient à reculons, à toute vitesse, recouvrant chacun la surface devant eux, puis reculant de quelques pas pour peindre à nouveau. Très vite, leurs pieds avaient heurté le mur du fond. Ils s'étaient retrouvés coincés, entourés de peinture fraîche. Tom avait relevé les yeux, Super-Perfectionniste avait souri.
« C'est malin ! Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » avait demandé Tom.
Et Super-Perfectionniste l'avait embrassé (à la perfection). » 

Maintenant il ne me reste plus qu'à faire lire Tous mes amis sont des super héros au compadre Gilles qui ne me croit pas quand je lui dis qu'on peut-être un super héros sans cape, sans même savoir voler. Et avec mes Super-gros-sabots – va falloir que je songe à les enlever d'ailleurs – avec mes Super-gros-sabots donc, je lui dirai : « Et l'amour, ça donne pas des ailes, peut-être ? ». Mmhh...

Tous mes amis sont des super héros, Andrew Kaufman, traduit de l'anglais (Canada) par Anna Roen, Naïve, 111 p.

03/09/2011

La Volonté du dragon / Lionel Davoust

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Alors bien sûr tout le monde connaît (ou presque) les éditions Critic pour le succès qu'ils ont rencontré avec Le Projet Bleiberg de David S. Khara mais avant cela, cette jeune maison d'édition qui monte , qui monte et qui ne risque pas de descendre si l'on en juge les parutions à venir, cette jeune maison d'édition disais-je avait déjà fait ses armes (et quelles armes !) avec d'autres titres , parmi lequel cette Volonté du Dragon de Lionel Davoust. Vous m'excuserez, je suis sûr, la longueur de cette introduction dans laquelle, comme à mon habitude, j'ai voulu dire beaucoup de choses en une seule phrase.

Sauf que suite à ma lecture du Projet Bleiberg et des différentes interviews que j'ai lu des éditeurs en question, je n'avais pas encore franchi le cap de lire un autre de leur titre. Et j'ai beau chercher, je ne saurais vous dire pourquoi. J'avais bien sûr déjà vu le nom de Lionel Davoust circuler de ci de là, que ce soit pour ses traductions ou même pour ses nouvelles, je ne l'avais encore jamais lu avant de succomber au charme de Au-delà des murs, texte figurant dans l'anthologie Victimes et bourreaux paru aux éditions Mnémos à l'occasion du festival des Imaginales. C'est un texte relativement court mais dans lequel l'auteur esquisse de manière habile et concrète l'univers où évoluent ses personnages. Mais c'est surtout le style qui m'a frappé dans cette histoire. Lionel Davoust y fait preuve d'une puissance d'évocation incroyable, l'écriture est ciselée à un point tel que l'on ne demande rien de mieux que de retomber très vite sous la plume ayant suscité un tel engouement.

Ceci, c'était donc pour expliquer le cheminement qui m'a conduit à La Volonté du Dragon. Et le constat réalisé après Au-delà des murs est le même en ce qui concerne ce court roman. Dès les premières lignes, les premières pages, le style est là, efficace, percutant, musical aussi. Une nouvelle fois, Lionel Davoust se dispense de descriptions à rallonge pour nous emmener dans son monde, un monde qui trouve justement tout son écho dans l'économie et la précision de celles-ci, dans les images claires et saisissantes, les sons et les odeurs qu'elles génèrent immanquablement. Vous voulez être les héros du livre ? Vous l'êtes ! Car ils sont plusieurs à se partager la vedette... Tous les personnages du roman, sont en effet eux aussi extrêmement bien dépeints et chacun subit, d'une manière ou d'une autre, le tumulte de cette histoire ainsi que ses enjeux.


« Elle l'avait reçu dans ses jardins privés à Asreth – la ville tentaculaire dont les tours d'argent se reflétaient dans le lac de Mara, où vibrait jour et nuit le ronronnement de milliers de réacteurs draniques, crépitante d'énergie, de savoir et d'activité, la mégapole qui avait donné son nom à un empire entier – le plus grand que le monde ait jamais connu. D'eolus Vasteth, l'un des treize généralissimes commandant les invincibles Légions impériales, avait franchi les immenses salles nues de son palais cristallin aux murs ornés de mystérieuses arabesques d'or et d'acier, et, sur les sols métalliques incrustés de verre, figurant des cartes du ciel et du monde, ses pas avaient libéré des claquements secs dépourvus d'échos semblables à de brèves voyelles inarticulées.

Puis au terme d'un long couloir doré où régnait une lumière diffuse, il avait ouvert une lourde double porte de fer d'apparence curieusement antique et jamais restaurée, probablement plus ancienne que tout le complexe, pour déboucher sous un enchevêtrement dense de frondaisons mêlant palmes grasses et pleurs de saules, parmi les cris perçants d'oiseaux invisibles et le murmure de fontaines. »


En règle générale, à quelques exceptions près, je fais un résumé des histoires qui sont passées à travers mon bandeau. Et bien celle-ci fera partie des exceptions quand bien même c'est la deuxième fois pour cet éditeur. Là, j'ai essentiellement voulu m'attarder sur l'impact qu'avait eu ce livre sur moi, plus sur la forme que sur le fond qui, pourtant, ne manque pas d'intérêt non plus. Mais soyez tout de même assuré(e)s que le plaisir sera sans doute encore plus grand si vous plongez dans l'inconnu, si vous vous fondez dans cette histoire qui résonne effectivement de bien des manières avec notre monde à nous, et pas forcément pour le meilleur. Croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle...

Et pour avoir ici rédigé la chronique dans laquelle figure le plus de liens depuis la création de ce blog, j'en rajoute deux où vous pourrez trouver d'autres avis sur La Volonté du dragon : Traqueur stellaire, Dragon galactique.

La Volonté du dragon, Lionel Davoust, éditions Critic, 171 p.
CITRIQ

30/08/2011

Le Citron / Kajii Motojirô


Sakura no ki no shita ni wa …
(Sous les cerisiers …)
Sakura no ki no shita ni wa shitai ga umatte iru!
(Sous les cerisiers sont enterrés des cadavres!)

Motojirô Kajii fût l'un des grands poètes japonais du début du siècle dernier. Peu connu durant sa courte vie (il est mort à 31 ans !), il est aujourd'hui reconnu et très apprécié au Japon notamment grâce à ses nouvelles Le citron, Sous les cerisiers et Jours d'hiver
J'ai découvert cet auteur totalement au hasard, en lisant le manga Les lamentations de l'agneau de Kei Toume. Dans le tome 2 de cette série était cité le texte Sous les cerisiers. Juste une phrase, la première de cette nouvelle, et me voilà au pôle littérature de la médiathèque pour chercher le texte intégral. Motojirô Kajii nous y dévoile sa vision de l'univers avec poésie, dans des textes courts mais toujours vrais. Juste une pensée ou une observation, et notre esprit est emporté dans un tourbillon de réflexions qui mène bien souvent au delà des apparences.

Le citron, c'est un recueil de nouvelles (huit pour l'édition Picquier Poche), une sélection de textes de cet auteur si surprenant. Motojirô Kajii a du lutter pour vivre, pour survivre. Et pourtant il réussit à garder les pieds sur terre mais surtout à vouloir faire partager sa passion de la littérature. Créateur de magazines littéraires, écrivain, c'est surtout un philosophe que la maladie a emporté trop tôt...

À découvrir...

22/08/2011

Seeker / Jack McDevitt

J'ai longtemps tourné, viré et tourné encore autour de Seeker en librairie. Il y a plusieurs raisons à cela. La plus évidente étant que mon enthousiasme à l'égard des livres de Jack McDevitt a toujours été assez inégal. J'ai été ébloui par Anciens rivages – je ne suis pas le seul, non, non, non – et suis resté mitigé quant à la série consacrée au personnage de Priscilla Hutchins dont certains titres me sont tombés des mains quand je ne pouvais en lâcher d'autres, à l'image de Chindi dont je garde encore vivement en mémoire une scène où l'équipage d'un vaisseau rencontre une civilisation extraterrestre pour le moins surprenante...
Mais plus que ces considérations, c'est le changement d'éditeur qui m'a interpellé : les éditions de L'Atalante auraient-elles renoncées à suivre l'auteur en raison d'un fléchissement des ventes des précédents ouvrages parus ? N'auraient-elles pas cru dans le potentiel de cette nouvelle série dont, il est utile de le préciser, Seeker est le troisième opus ? Et autre interrogation, pourquoi justement commencer par un tome qui n'entame pas la série ? Parce que celui-ci a reçu le prix Nebula et que cela fera de lui un titre plus « vendeur » ? Parce que les autres sont moins bons, plus anecdotiques ? Seront-ils seulement traduits et édités en France ?
A vrai dire, je n'ai pas encore aujourd'hui la réponse à ces différentes questions mais je ne désespère pas de les obtenir. Je ne me suis tout simplement pas encore lancé dans ces investigations – une bonne déconnexion de temps en temps, ça ne fait pas de mal – mais je le ferai sous peu et reviendrai sans doute ici même compléter cette chronique au fur et à mesure que j'engrengerai les réponses. D'ailleurs, si vous en avez vous-même certaines (voire toutes, hein), n'hésitez pas à les partager dans le fil des commentaires.
Finalement, après m'être dit « non, tu peux attendre, tu le prendras au boulot », le « oui mais quand même ça n'a pas l'air si mal que ça » a fini par l'emporter parce qu'encore une fois, il s'agit d'un ouvrage qui donne la part belle à l'archéologie du futur et que je ne sais pas résister à ce type d'ouvrage, comme je le soulignais déjà dans la chronique concernant le Filet d'Indra de Juan Miguel Aguilera.
Résultat, c'est plutôt réussi même si l'approche du futur de Jack McDevitt est assez déroutante parce qu'elle n'est tout simplement pas commune. Ce qui ne l'empêche pas d'être défendable.
Dix mille ans dans notre futur, à peu de chose près. Les humains ont quitté le berceau de la Terre ont colonisé plusieurs planètes, en ont terraformées certaines. Dans leur essaimage, lls n'ont rencontré qu'une civilisation extraterrestre encore vivante avec laquelle, bon an mal an, ils ont réussi à pactiser.
Alex Benedict, antiquaire archéologue et son assistante Chase Kolpath vivent sur Rimway. Leur travail consiste à déterrer des objets de civilisations disparues, de dénicher des fouilles dont ils revendront ensuite le fruit de leurs trouvailles aux plus offrants, ce qui ne manque pas de faire grincer des dents les organisations archéologiques officielles. La plupart du temps, ce sont Alex et Chase qui se lancent dans la chasse aux trésors mais il arrive que des particuliers leur demandent aussi d'authentifier un objet et bien sûr, de leur en révéler la valeur. C'est dans ce dernier cas de figure qu'ils tombent un jour sur une tasse émanant du Seeker, un vaisseau d'une colonie légendaire ayant fui l'oppression terrienne du 26ème siècle dans le seul but de fonder un monde utopique dont personne, absolument personne ne devait connaître la localisation.
Une grande partie du roman s'articule autour d'une enquête relative à la tasse en elle-même, consistant à savoir dans quelles circonstances elle a été trouvée pour la première fois, puis à déterminer pourquoi ceux qui sont entrés en sa possession n'ont rien révélé d'une découverte dont l'écho aurait pourtant été retentissant. C'est une partie bien menée, intrigante à souhait au terme de laquelle on n'attend plus qu'une exploration spatiale à même de fournir son lot de révélations.
Et l'on n'est pas en reste puisque Chase s'envole en effet en territoire extraterrestre, communément appelés les Muets, capables de lire dans les pensées, afin d'obtenir les ultimes renseignements à même de les mettre, Alex et elle, sur la voie de la Colonie perdue. Rebondissements, suspense, action et révélations, selon une adroite association, sont effectivement au rendez-vous.
Tout ceci se lit avec un plaisir certain mais une chose est sûre cependant, Seeker risque peut-être d'en rebuter plus d'un. Car l'avenir suggéré par Jack McDevitt est bien loin de ceux dessinés par un Peter F. Hamilton ou un Stephen Baxter. On a beau être dix mille ans dans le futur, on ne peut pas dire que le « sens of wonder » soit la préoccupation essentielle de l'auteur. On a bien des vaisseaux spatiaux capables de franchir des distances faramineuses, des intelligences artificielles à même de les gérer, des hologrammes d'humains disparus ayant voulu laisser une flatteuse image d'eux-même, mais à part ça on ne peut pas dire que l'on soit noyé par des considérations scientifiques ni même par des inventions que tout lecteur aurait été en droit d'espérer.
Il semble que Jack McDevitt situe ses préoccupations ailleurs, dans une volonté de focaliser son attention sur une perspective archéologique ainsi que sur des humains dont les aspirations et les besoins n'ont pas beaucoup évolué. A savoir qu'ils vivent un quotidien que l'auteur nous fait parfois partager en évoquant des sorties au restaurant, en citant des titres de musique ou de livre qui ont eu un certain succès quelques années en arrière seulement, ou même en évoquant la fatigue, le besoin de se reposer, le stress lié au travail... Et comme je le disais un peu plus haut, c'est assez déroutant (au premier – et dernier – sac en plastique qui est apparu au détour d'une page, je me suis demandé si je lisais bien un bouquin de SF) mais c'est du coup assez original et pas dénué de charme non plus puisqu'on n'a pas l'habitude de voir ça dans des ouvrages qui nous parlent d'un futur lointain. Sans compter que l'histoire est plutôt haletante et réserve quelques belles surprises. Seul le personnage de Alex Benedict à qui est consacrée la série paraît un tantinet pâlot, le beau rôle allant à Chase, narratrice de cette histoire.
Voilà, en fonction des éléments que j'ai rapportés ici et de vos propres goûts en matière de Space Opera, il vous revient de faire à votre tour votre propre choix. Lira, lira pas ?


6 septembre 2011 : Voici donc les réponses aux questions posées un peu plus haut lors de la rédaction de cette chronique. Je remercie Stéphane Watelet pour sa disponibilité et les administrateurs du forum des éditions L'Atalante pour m'avoir aiguillonné dans mes brèves recherches...

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BiblioMan(u) : L'auteur était auparavant édité en France chez un autre éditeur, comment a-t-il "basculé" chez vous ? 

Stéphane Watelet : Découragement de l'Atalante  devant l'affaissement des ventes de SF... en général (...c'est une hypothèse)

Hypothèse confirmée si l'on en croit les messages laissés sur le forum de l'Atalante, visible ici...

BiblioMan(u):  Seeker est le troisième tome d'une série, pourquoi avoir commencé par celui-ci et non par le premier ?

Stéphane Watelet : C'était le plus emblématique et lauréat du prix Nébula, comme vous l'aviez pressenti...

BiblioMan(u): Justement , comptez-vous éditer les autres tomes ?

Stéphane Watelet: Si le succès est au rendez-vous , oui, bien sur...
Pardon pour le caractère très prosaïque de nos réponses auquel on peut (quand même) 
ajouter un coup de cœur pour la "patte" de McDevitt (cette scène de pré-ouverture fonctionne quand même pas mal !)


Seeker, Jack McDevitt, traduit de l'américain par Michèle Zachayus, Télémaque, 442 p.

CITRIQ

07/08/2011

L'Affaire Jennifer Jones / Anne Cassidy

Trois jeunes filles sont parties dans la forêt. Seules deux d'entre elles sont revenues vivantes. La troisième est morte. Assassinée par l'une de ses copines. Naturellement, l'affaire a fait grand bruit. Six ans après les faits, Jennifer Jones a changé d'identité, a été placée chez Rosie – qui sait tout d'elle et de sa situation – quand tout le monde la croit encore en prison. Pourtant depuis quelques mois Jennifer Jones, devenue Alice Tully, travaille comme serveuse, s'est constituée un groupe d'amis, a un fiancé avec qui elle s'entend très bien et s'apprête à poursuivre des études. Sa réinsertion est sur la bonne voie. Pour autant, elle n'oublie rien de son passé , de sa mère démissionnaire, ancien mannequin déchu et toujours avide de se trouver sous la lumière des projecteurs, quitte pour cela à bafouer la confiance de sa fille, à en jouer, en abuser même. Bien sûr, elle se souvient aussi du meurtre et de ses circonstances. Elle archive tous les articles de presse la concernant. Avec le temps, ceux-ci se sont espacés mais voilà que de nouvelles informations commencent à circuler avec l'annonce de sa sortie imminente de prison. Informations qui coïncident avec l'arrivée d'un détective dans la bourgade. Il pose des questions en brandissant une vieille photo de Jennifer. Comme s'il savait déjà tout de sa libération anticipée.
Impossible en lisant L'Affaire Jennifer Jones de ne pas penser au cas des enfants-tueurs de Liverpool qui avait ébranlé la Grande-Bretagne en 1993. Impossible de croire qu'Anne Cassidy n'y a pas songé elle-même en se lançant dans cette histoire. Certaines similitudes permettent en tout cas de le penser, ne serait-ce qu'en ce qui concerne la thématique mais aussi la durée d'emprisonnement, la volonté des instances judiciaires de réinsérer au mieux et à brève échéance ces jeunes accusés, ou même encore dans la fébrilité, l'acharnement et les déboires médiatiques suscités par de telles affaires.
La comparaison s'arrête cependant là car Anne Cassidy a su se dédouaner totalement du fait divers, si on peut l'appeler ainsi, pour laisser libre cours à sa propre histoire, où ce qui l'intéresse n'est pas le drame en lui-même mais les circonstances qui l'ont amené à se produire. Qui plus est , elle le fait d'une manière tout à fait habile et subtile – la construction du roman est remarquable -, de sorte que le lecteur se trouve alternativement captivé à la fois par le présent et le passé de Jennifer Jones. Par exemple, longtemps dans l'histoire on ne sait pas quel enfant a été assassiné, ni quelles raisons ont poussé Jennifer à perpétrer cet acte. On ne doute pas que la réponse viendra, bien sûr, mais cela entretient un certain mystère, toujours présent, que l'on garde dans un coin de la tête, et qui contribue même à nous immerger un peu plus dans le parcours de Jennifer Jones. Pas tant pour savoir que pour comprendre.
Sous prétexte que le récit touche au meurtre d'un enfant, on aurait pu redouter qu'Anne Cassidy s'ingénie un peu trop à tirer sur les cordes du violon. Or, sa musique est ailleurs, dans la complexité des protagonistes de cette histoire et des sentiments qui les animent. Elle est même au-delà, dans l'évocation de l'enfance, dans la cruauté dont elle se fait parfois l'écho mais aussi dans les attentes qui lui sont relatives.
Anne Cassidy évoque d'une bien belle manière le sentiment d'abandon de Jennifer, sa sensation d'isolement, son envie d'être considérée, d'exister enfin au yeux des autres. Elle aborde aussi le sexe, la prostitution, la mort, la reconstruction de soi, la repentance, l'acharnement médiatique sans jamais paraître moralisatrice, sans qu'à aucun moment on ait l'impression d'être plongé dans un vaste fourre-tout thématique. Au contraire, tous ces éléments s'intègrent aisément dans le fil du récit.
Malgré l'annonce faite sur la couverture comme quoi ce livre avait reçu le Prix du meilleur livre adolescent en 2004 en Angleterre, j'ai redouté en l'entamant de devoir le refermer assez vite. Je craignais de me trouver face à un récit gnagnan et culcul la pral. J'en suis ressorti admiratif, tout ébaubi. Eh oui, ce genre de chose est bien sûr possible à la lecture d'un ouvrage. Et on aurait tort de penser que la littérature adolescente est exempte de produire un tel effet.
L'Affaire Jennifer jones, Anne Cassidy, traduit de l'anglais par Nathalie Laverroux, Milan jeunesse (Macadam), 320 p.

27/07/2011

Captif / Neil Cross

Kenny n'en a plus pour longtemps. Il le sait. Le verdict est tombé, implacable : tumeur au cerveau. A tout casser, il en a pour six semaines. Autant dire, très peu de temps. Plutôt que de succomber à l'abattement ou à la colère, Kenny décide de dresser la liste des personnes qu'il a déçues d'une façon ou d'une autre, d'aller à leur rencontre et trouver les mots pour leur dire combien il regrette, combien il les aime, combien elles ont été importantes à ses yeux. Parmi elles, il y a Callie Barton. Callie, il l'a connue au collège, puis il l'a perdue de vue. Il demande alors à une de ses amies, inspectrice à la retraite, de retrouver sa trace. Tâche difficile car même la police s'est cassée les dents sur l'affaire Callie Barton. Celle-ci a en effet disparue de la circulation du jour au lendemain. Son mari, Jonathan a un temps été suspecté, de sérieux doutes ont pesé sur lui. Il l'avait déjà battue. Mais faute de preuves et de corps, l'affaire a été classée. Kenny, lui, est persuadé de la culpabilité de Jonathan et va tout mettre en œuvre pour le prouver, malgré le peu de temps qu'il lui reste. Et c'est justement ce temps qui lui manque, s'enfuit à toute vitesse, qui va le pousser à commettre l'irréparable, amener les deux hommes à s'affronter, se confronter dans un rapport de force pour le moins inégal et violent. Aux dépends des uns, des autres, et de ses proches en particulier...
Captif est un roman qui se lit vite et bien. Police conséquente, interligne prononcé, marges importantes. Les phrases sont courtes, basiques dans leur construction. Le sujet, verbe, complément est de rigueur. Personnellement je n'ai rien contre, c'est parfois dans la sobriété que les mots révèlent toute leur portée, qu'ils claquent, percutent, ou trouvent la voie de la justesse, quand ce n'est pas tout cela à la fois. Cela dépend du contexte. Du style, aussi. Captif a un peu manqué le coche de ce point de vue là. Peut-être justement parce que tout va trop vite, que les intentions de Kenny se révèlent - à peine - dans la précipitation. Il n'y a pas de gradation réellement perceptible dans sa colère, dans la violence de ses actes, dans l'ambivalence de sa morale, de ce qu'il pense être juste ou pas. Tout s'opère sans vraiment de nuances, ce qui a pour conséquence directe de mettre le lecteur en retrait, de couper net la voie de l'empathie. Et à un ou deux près, il en va de même pour les autres personnages, non pas qu'ils se soient révélés trop caricaturaux, mais juste sans chair et sans saveur, comme désincarnés. Neil Cross a beau leur faire exprimer la douleur, la peine, le dégoût, le désespoir, ces sentiments ne résonnent ni n'éclatent jamais en nous. Finalement, on glisse dessus comme sur ce roman qui ne devrait pas me laisser un souvenir impérissable.
Captif, Neil Cross, traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Renaud Morin, Belfond (Belfond noir), 350 p.

23/07/2011

Au Fil de Cl0 - 2 - : CSU de Caroline Terrée

Un peu de jeunesse dans ce monde d'adultes …

Les policiers étant de mise sur ce blog, je reste dans la tendance en vous présentant THE série policière pour pré-ados que j'adôôôre ! Attention les yeux : voici l'équipe du CSU qui débarque...

Bon première question : qu'est-ce que le CSU ? C'est le Crime Support Unit (ou, en gros, l'Unité Anti-Crime). Qu'est-ce qu'ils font ? Euh … ben lutter contre le crime, c'est des gentils quoi ! Basés où ? Laissez-moi vous embarquer dans ce magnifique pays qu'est le Canada, et plus précisément à Vancouver, lieu de tournage de nombreuses séries comme Sanctuary, Kyle XY ou encore Supernatural... Bref, un décor de rêve pour des histoires captivantes.

Dans cette équipe, je demande en premier lieu Nick Ballard, un monsieur muscle ancien officier de la Gendarmerie Royale du Canada, un géant au grand cœur. Puis, Connie Chang, experte dans la collecte et l'analyse d'indices matériels, un détachement professionnel agrippé à un sens profond de la hiérarchie. Après, Keefe Green, le petit dernier de l'équipe, génie de l'informatique et fou du travail, pouvant enchaîner des heures en bureau ou sur le terrain sans avoir besoin de se reposer. Et pour finir, il y a Kate Kovacs.

Kate, c'est l'enquêtrice, la chef de l'équipe mais surtout la narratrice de chaque roman. Kate, c'est une intelligence hors normes, une rapidité de réflexion terrible, et un courage à toute épreuve. Mais Kate c'est aussi un passé douloureux, des émotions en pagaille et une empathie qui trouve votre cœur dès le premier chapitre. Personnage complexe et en même tant fascinant, elle nous emmène avec elle à chaque enquête, comme si nous faisions partie de son équipe.

Et celles-ci ne sont pas toujours très simples à résoudre … À la façon de 24 H Chrono, on suit l'histoire heure par heure, étape par étape, en sachant que le temps est compté. On essaye de tout faire pour retrouver une victime, un tueur, de rendre la justice … mais le passé a tendance à ressurgir, surtout au moment où on ne l'attend pas.

Ce que j'aime dans ces romans, c'est en premier lieu la façon dont l'auteur, Caroline Terrée, arrive à nous submerger dans le monde de Kate. Grâce à son écriture fluide, on plonge dès le prologue dans un nouveau monde. On vit avec la narratrice : on enquête avec elle, on souffre avec elle, on s’essouffle avec elle. On est vraiment transporté dans son univers qui n'est pas toujours facile à vivre.

Je tiens aussi à tirer mon chapeau à l'auteur pour le rythme qu'elle donne à chacun de ses romans. On est pris dans un tourbillon d'émotions, de faits qui font qu'on ne peut pas couper sa lecture au milieu du livre. Si on le commence, on est obligé de le finir dans la foulée !

Toutes ses enquêtes sont très bien menées. Et même si celles-ci sont indépendantes, je vous conseille de les lire dans l'ordre : le mystérieux passé de Kate y est peu à peu dévoilé …


Huit tomes pour huit enquêtes tous parus aux éditions Milan dans la collection Macadam :
Portée disparue ; Le Phénix ; Le Dragon rouge ; Mort blanche ; Le Prédateur ; Impact ; Sacrifices ; Équinoxe.



19/07/2011

Au Fil de Cl0 - 1- : Mini Syros Soon

Vous en avez marre de lire des romans trop gros, avec trop de pages ou trop de tomes ?!? Ça tombe bien, moi aussi ! (Désolée Mauvaise Graine, je lutte contre ton pavé de 990 pages!) Et pour cela, rien ne vaut un petit tour dans les rayons jeunesse et plus particulièrement dans la collection Mini Syros (de Syros, bien sûr!).

Plusieurs genres littéraires pour plusieurs types de lecteurs : Mini Syros « Polars », Mini Syros « Romans », Mini Syros « Paroles de Conteurs », et celui qui m'intéresse le plus... Mini Syros « Soon » !! Cette sous-collection, spécialisée dans les histoires de science-fiction, est dirigée par Denis Guiot, grand critique littéraire spécialiste de la SF mais surtout créateur de la collection « Autres Mondes » chez Mango !! Rien que ça !! Et il s'est bien entouré le Mister Guiot : Jeanne-A Debats, Ange ou encore Éric Simard signe trois des six premiers titres de la collection ! Et pour vous, et rien que pour vous, petite présentation de deux titres phares de la collec'.



Premier édité : À la poursuite des Humutes, de Carina Rozenfeld. Carina Rozenfeld pour moi c'est avant tout l'Auteur (avec un A majuscule s'il vous plaît !) de la trilogie La Quête des Livres-Monde. Alors quand je vois un autre de ses romans, je saute littéralement dessus !! À la poursuite des Humutes, c'est un peu l'histoire des X-Men... Un enfant qui vit dans un monde où les personnes différentes sont persécutées et où lui-même est différent. Un enfant terrorisé par sa propre différence et par les adultes consentants de la persécution. On y retrouve le thème de l'acceptation de soi, la peur du regard des autres mais aussi la crainte de décevoir ceux qui nous aiment …






Premier dans mon
cœur : Opération « Maurice », de Claire Gratias. Dans ce livre, Claire nous fait voyager dans le temps pour sauver un poisson rouge nommé Maurice... mais qu'est-ce que ce poisson rouge a de si important ?!? Ça vous le saurez en lisant le livre mais je peux vous dire que ce livre m'a beaucoup touchée. On y parle de regrets, de compréhension de la vie quotidienne et de la valeur des choses et gens qui nous entourent. On a tous déjà regretté des paroles, rêvé d'effacer certains de nos actes, tenté de revenir en arrière en sachant pertinemment que c'est impossible... sauf pour Noé à qui on offre une seconde chance en tentant de lui faire comprendre qu'il doit sauver Maurice ! Après ce n'est qu'une occasion à saisir : il faut juste savoir faire le bon choix...





A la poursuite des Humutes, Carina Rozenfeld, Syros (Soon), 38 p.

Opération Maurice, Claire Gratias, Syros (Soon), 41 p.


12/07/2011

Les Vestiges de l'Aube / David S. Khara

Chaque fois qu'un livre avec des vampires s'étale sur les tables des libraires comme plagistes au mois d'août sur la Côte d'Azur, je me joins aux mille et une voix qui s'élèvent tout de même en disant que jamais, ô grand jamais, on ne me prendra à lire une de ces histoires surfant sur un fond de commerce diablement rentable, comme on ne me prendra pas, non plus, à m'allonger sur un sable brûlant au milieu de mes congénères.
Et voilà. Voilà. Je pourrais mentir en prétextant que non, non, je ne savais pas, je vous assure. Je le connais même pas cet auteur, et son livre encore moins, pensez-donc. Quoi ? J'ai déjà parlé de David S. Khara ici-même? Ah, maintenant que vous le dites, oui, c'est vrai je m'en rappelle vaguement. Très bien, oui. Comment oublier ? C'était une heureuse découverte. Mais son histoire avec le vampire, là, Werner quelque chose, non ça, voyez, ça ne me dit rien. J'ai consulté plusieurs chroniques à son sujet ? Visionné des vidéos concernant sa première édition aux éditions Rivière Blanche ? J'ai commandé ces mêmes Vestiges de l'Aube pour la médiathèque ? Moi ? Moi, j'aurais fait une chose pareille ? Vous divaguez ma parole ! Même quand on ne parlait pas encore autant des vampires, je n'ai jamais été attiré par ces histoires débiles de suceurs de sang. D'ailleurs, vous ne trouvez pas ça dégoûtant, vous ? Bram Stoker, Anne Rice ?... Même pas en film, non, je vous assure. Bon, dites, ces divers points éclaircis, je peux y aller maintenant ?Vaquer à mes saines lectures ? Comment ça, non ? Que j'avoue ? Mais avouer quoi bon sang ? Que je l'ai lu ? Apprécié aussi ? Non mais là, on touche le fond, vrai... hé, pas la peine de me regarder comme ça hein, je ne suis pas du genre à avoir honte de mes lectures, non, non, non. De mauvaise foi ? Là, en revanche...
Bon. Très bien. J'allais en parler des Vestiges de l'Aube. C'est vrai, j'allais le faire. J'attendais juste de savoir comment et quand, c'est tout. Des fois, c'est pas mal d'attendre un peu, de laisser décanter, voyez. Mais là, bien sûr... si on me pousse dans mes retranchements.
Je n'ai pas été lire la première version du livre de David S. Khara pour comparer avec celle-ci. Je ne crois pas que je le ferai. Je sais que l'occasion lui a été donnée d'explorer plus avant l'ambiance et la psychologie des personnages qu'il avait créés, de fouiller tout ça, d'aller plus loin et qu'il en a profité. Ça se comprend. Quand on a écrit un premier roman, qu'on s'est investi dedans et qu'on vous propose ensuite d'exploiter toutes ses potentialités, d'en révéler d'autres facettes, il serait bizarre de ne pas en profiter.
Ce qui, je crois, donne toute la dimension de ces Vestiges de l'aube, c'est toujours chez David S. Khara, cette préoccupation de toucher à la littérature populaire. Et encore, je ne sais pas s'il s'agit d'une préoccupation où si c'est une approche naturelle. Il faudrait lui demander. Quoiqu'il en soit, ce qui me plaît à nouveau ici, c'est à la fois l'accessibilité du texte et cette façon qu'a l'auteur de jouer avec les ambiances et les codes, de tisser des morceaux d'Histoire dans la trame du récit, pour finalement, encore une fois, nous inviter à vivre une aventure digne de ce nom. Sans pour autant oublier non plus de terminer sur une note bien mystérieuse que tout amateur d'histoires à feuilleton ne manquera pas d'apprécier.
Petite précision tout de même. Mon approche pourrait laisser penser que Les vestiges de l'Aube se résume à une seule histoire de Vampire dans laquelle David S. Khara se serait amusé à déplacer le curseur des normes communément admises autour de ce thème : un pieu dans le cœur ou pas ; monstre sanguinaire ou pas ; sensible ou non à la lueur du soleil... etc, etc... En fait si ces aspects là sont effectivement abordés, la trame se situe aussi ailleurs. Les Vestiges de l'aube, si vous voulez, c'est un peu le mariage idéal du polar et du fantastique.
Hein ? Le résumé, au moins ? Ah, non je n'y avais pas pensé. A croire que chaque fois que j'évoque un livre de cet auteur, je préfère vous en laisser la surprise. Peut-être en sera-t-il de même en novembre prochain pour la sortie de « Projet Shiro », qui sait ?
Pardon ? Vous me trouvez un peu pâlot ? Ah ça, mais ça, voyez, c'est que j'ai lu Les Vestiges de l'Aube à la maison, plutôt que d'aller à la plage sur la Côte d'Az... Non, non c'est pas ce que je voulais dire, enfin vous comprenez, moi la plage tout ça c'est... c'est... de la mauvais foi, oui.
CITRIQ

06/07/2011

Le Passage / Justin Cronin

Cher Bibliomanu, chers Bibliomaniaques
Il m’aura donc fallu plus de temps pour vous préparer une petite chronique que pour finir cet OVNI de 990 pages. Le soleil d’été n’y est pour rien. Il faut simplement du temps pour digérer une telle œuvre.
J’hésite toujours à me lancer dans la rédaction d’une critique lorsqu’un auteur a réussi à faire naître autant d’émotion en moi à la lecture !
Et pourtant, je n’ai pas été rapide. Je n’ai pas dévoré ce roman en deux jours. J’ai pris mon temps. J’ai savouré chaque chapitre, chaque retour à la ligne et chaque arrivée de nouveaux personnages.
Depuis bien longtemps, un roman de Science-Fiction ne m’avait pas porté aussi loin. La construction est complexe, l’écriture impeccable, les descriptions des lieux léchées, et que dire des personnages !!!
Les acteurs de ce roman sont vivants, attachants, dotés d’une personnalité propre. Cette impression de toujours les avoir connus et de devoir les laisser sur le bord de la route est parfois douloureuse.
Pour faire suite à la demande de sa propre fille, Justin Cronin imagine les aventures d’une jeune demoiselle qui sauve le monde. Enfin qui devrait sauver le monde parce que pour le moment nous n’avons que le premier tome entre les mains.
Le Passage est l’histoire d’hommes, de femmes survivants à des attaques sanglantes dans une Amérique post-apocalyptique.
Tout part d’une forêt bolivienne, d’un mystérieux virus, de l’abandon d’une petite fille par sa mère dans un couvent, d’une expérience scientifique sur un condamné à mort, du FBI, et d’un train… Ca vous aide ? Non, évidemment, mais il est très complexe de vous donner plus d’informations sans vous gâcher le plaisir de découvrir chaque pièce du puzzle, chaque revirement de situation par vous-même.
La seule information à donner est celle-ci : il se passe près d’un siècle entre la première partie et la moitié du roman. Lorsque vous pensez avoir déjà tout vécu, vous n’avez encore rien vu ! Vous vous dites, après quelques jours de lecture, que décidemment, ce premier tome est beaucoup beaucoup trop court.
Après pas mal de déception littéraire en cette première moitié 2011, Le Passage nous apporte une bonne bouffée d’oxygène !
Le plus dur est qu’il va falloir attendre la sortie et la traduction du second volume et qu’entre temps, Amy et les survivants vont avoir du mal à se passer de notre aide.
Bien à vous,
Mauvaise graine