06/04/2011

Dôme / Stephen King




















Ça aurait pu être pire. Entendez par là que le roman aurait pu être beaucoup plus long. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Stephen King lui-même, dans la note qu'il a pris l'habitude de laisser en fin d'ouvrage à l'attention de ses lecteurs. En évoquant sa directrice littéraire, il écrit en effet qu'elle a « transformé le livre, du dinosaure qu'il était à l'origine, en un animal d'une taille légèrement plus acceptable. »

Cette remarque n'a pas manqué de m'interroger au regard du principal défaut dont souffre le dernier opus du maître de l'angoisse : sa longueur. Un tel livre aurait-il été édité en l'état si un auteur débutant l'avait soumis à un éditeur ? Je ne suis pas sûr.

Cette longueur est ici imputable à des détails incessants et malheureusement dispensables qui cassent régulièrement le rythme de l'histoire. Et pourtant, je fais partie de ceux qui pensent en général que c'est justement le souci de ces détails qui participent du plaisir que l'on peut avoir à lire Stephen King. Avec un rien, l'ambiance est campée, les personnages deviennent vivants, accessibles et... proches, en quelque sorte. Mais trop, c'est trop, et dans Dôme, il n'y a que la première partie qui convainc, celle où King plante le décor avec l'efficacité qui le caractérise et où le phénomène ne se fait pas, encore, trop sentir.

L'idée, celle d'un dôme (1) coupant subitement les habitants d'une petite ville du Maine du reste du monde, n'est pas nouvelle. Ella a cependant le mérite d'intriguer, ne serait-ce que pour savoir comment elle va être abordée. En ce qui me concerne, elle a donc rempli toutes mes attentes dans la première partie, mais le bavardage a eu raison de ma patience, au point de perdre toute empathie pour les personnages, de ne plus m'intéresser aux impacts engendrés par le Dôme sur la ville, prisme de notre planète soumise à la pollution et au réchauffement climatique. Et pour ceux qui se poseraient tout de même la question, oui, je suis allé jusqu'au bout – en m'octroyant quelques séances de lecture rapide - pour savoir. J'ai finalement lâché le livre sur un « tout ça pour ça » qui en dit long...

(1) : la bande dessinée Girls de Joshua et Jonathan Luna ou même Mystérium pour l'idée d'une ville coupée du reste du monde.


Dôme 1 et 2, Stephen King, traduit de l'américain par Olivier Desmond, Albin Michel, 640 et 565 p.
CITRIQ

12 commentaires:

Pitivier a dit…

Ça doit faire 15 ans au moins que j'ai arrêté de lire du Stephen King à cause du problèmes que tu évoques : le remplissage outrancier qui est pour moi le gros problème de cet auteur.

Le problème n'est pas nouveau. Rétrospectivement je le situe avec Ça qui est pour moi le roman qui marque le début de ma rupture avec Stephen King. C'est vrai qu'ado j'avais bien aimé mais maintenant que je suis adulte, je lui trouve plein de faiblesses. Et ça s'est empiré de roman en roman au point que j'ai définitivement tiré un trait sur Stephen King après les lectures de Bazaar et Insomnies.

Si un jour, il se remet à faire des romans courts comme Christine, Carrie ou Cujo, je reviendrais sans doute vers lui. En attendant, j'ai d'autres trucs à lire.

Val a dit…

J'ai fini les 2 tomes...pas encore écrit ma chronique...Pas trop déçue mais c'est vrai qu'il délaye un max...c'est très, trop long. Reste l'idée maîtresse qui en soi n'est pas mauvaise du tout, même si j'ai eu l'impression d'un "déjà vu".

El Jc a dit…

J'aime beaucoup le monsieur, mais si c'est écrit au kilomètre pour se faire plaisir, je vais passer mon tour. Il le fait généralement très bien, mais si cela n'apporte rien quel intérêt ?

BiblioMan(u) a dit…

@Pitivier: J'avais rencontré le même problème que toi avec "ça" et j'avais lâché l'affaire. Et puis j'ai choisi ses livres en fonction des histoires qu'ils proposait. Et il y en a eu de très bons dans le lot comme "Coeurs perdus en Atlantide", "Sac d'os" ou même "Roadmaster". Et même dans ses nouvelles, la longueur est parfois un défaut (dans ces cas là, il s'agit même de novellas). Dans son dernier recueil, celles que j'ai le plus appréciées sont d'ailleurs les plus courtes. Comme quoi.
En tout cas, bonnes lectures à toi :O)

@Val: L'idée maîtresse, je m'en suis désintéressé. Trop trop long, et comme tu dis, "déjà vu". Et pourtant à chaque fois qu'il y avait un sursaut dans l'histoire, je croyais qu'elle était repartie sur de bons rails.

@El Jc: Oui, moi aussi, j'aime bien ce qu'il fait, sa manière de raconter des histoires. Mais quand on arrive à un tel résultat, ce n'est pas la pein. Tu fais bien de passer ton chemin, d'autant que ça m'étonnerait que celui-ci te réserve une quelconque surprise.

Guillaume44 a dit…

J'ai jamais accroché à Stephen King, donc je passe mon tour ^^

Gromovar a dit…

Je me méfie énormément de King pour la même raison. J'avais fini par lire The Stand en diagonale rapide.

arutha a dit…

Je fais partie, comme toi, de ceux qui aiment King pour son sens du détail. Mais si même toi tu trouves le roman trop long, ça veut tout dire. Je passe mon tour aussi.

BiblioMan(u) a dit…

@Guillaume: Même pas un petit de derrière les fagots ?

@Gromovar: C'est dommage quand on y pense parce qu'il y a la vraiment matière à des histoires prenantes de bout en bout.

@arutha:Je susi sûr que tu as de quoi te mettre sous les yeux. Celui-ci e tout cas est vraiment dispensable.

Val a dit…

Bon ça y est, j'ai réussi à donner mon avis sur mon blog. C'est bien d'avoir laissé passer quelques jours avant de l'écrire. J'ai été un peu plus dure que je ne le pensai.

BiblioMan(u) a dit…

@Val: Je viens voir ça tout de suite ;O)

Theoma a dit…

j'hésitais... tu as tranché !

BiblioMan(u) a dit…

Gloups ;O)