09/06/2008

Le Livre de Joe / Jonathan Tropper

Joe Goffman se serait bien passé de revenir à Bush Falls. Et là-bas, dans cette petite bourgade du Connecticut qui l'a vu grandir, nombreux sont ceux qui auraient préféré qu'il s'en abstienne. Difficile en effet d'oublier que l'on s'est vu ridiculisé et diffamé, par le biais d'un livre ayant rencontré un succès retentissant avant d'être en plus adapté au cinéma. Mais voilà, le père de Joe est mourant et il est temps pour le jeune écrivain d'affronter ses vieux démons, de renouer avec un passé qui lui colle encore à la peau.
Le Livre de Joe fait partie de ces livres à l'écriture très visuelle et au style fluide, dont on ne voit pas passer les pages mais qui n'est pas pour autant dénué d'intérêts, ce qui évitera de le classer trop vite dans la rubrique des livres écrasés, aussitôt lus et effacés de la mémoire.
Non, ici, le lecteur, pour peu qu'il soit sensible à ce type de situations, adhère à la description qui est faite de Bush Falls, de ses habitants, de cette quasi autarcie qui les lie les uns aux autres et qui les rend presque pitoyables. Malheur à celui qui quitte le ville, il est déjà devenu un étranger. A moins qu'il n'ait fait partie de l'équipe de basket locale, auquel cas, tout lui est pardonné. Vous voyez le genre...

Et si le narrateur apparaît comme un type pompeux, égocentrique, pénible, qui s'écoute parler autant qu'écrire (!), cet aspect de sa personnalité se voit progressivement nuancé par la construction du récit. Celui-ci est en effet entrecoupé de scènes situant l'action dis-sept ans plus tôt, en 1986, et apporte un éclairage nouveau, plus complet, sur Joe Goffman. Sur lui, mais aussi sur les rancoeurs et les cicatrices de tous ce personnages qui se sont vus basculer de la réalité du narrateur-écrivain à sa fiction.

Il s'agit donc là d'un très bon livre, sensible et touchant dans lequel flotte un air de nostalgie qui sonne juste. Seule la fin est à déplorer. Jonathan Tropper aurait voulu faire des appels du pied aux producteurs de cinéma Hollywoodiens qu' il ne s'y serait pas pris autrement. Pas facile de finir en beauté. Pour la peine, je m'en suis imaginée une autre.

6 commentaires:

Karine a dit…

J'ai adoré ce livre, lu en début d'année... d'accord pour la fin mais j'ai adoré l'écriture très visuelle et la nostalgie qui s'en dégage... Un très beau souvenir de lecture.

BiblioMan(u) a dit…

C'est vrai...du coup je pense me plonger dans les autres un de ces jours.

Marie a dit…

Tous les ingrédients sont là, et pourtant... j'ai le sentiment d'être passée totalement à côté de ce livre !

BiblioMan(u) a dit…

Alors il faut le relire ! Hum...pour être plus sérieux, ça dépend du moment, bien sûr et sans doute d'une histoire de style, qui nous correspond plus ou moins...

Brize a dit…

C'est pour moi aussi un très bon souvenir de lecture !

BiblioMan(u) a dit…

Ouaich' :O) Ce billet date un peu maintenant mais je me rends compte que j'ai encore l'histoire bien en tête, et les personnages aussi...