12/11/2013

Puzzle / Franck Thilliez



Parfois on s'évertue à lire un auteur parce qu'il a été à l'origine de belles découvertes, de très bons moments de lecture. Ouvrage après ouvrage, on espère qu'il en sera toujours de même. En tout cas, je ne sais pas si on peut y voir un lien de cause à effet mais depuis que Franck Thilliez a quitté les éditions du Passage pour Le FleuveNoir, je n'adhère plus du tout à ses livres. Je pense avoir facilement mis le doigt sur ce qui me dérange mais d'une fois sur l'autre, je tente le coup.

Premier point, la documentation. Franck Thilliez, on ne va pas lui jeter la pierre, engrange des informations sur les thématiques qu'il aborde. Seulement voilà, l'objet de ses recherches ne se fond absolument pas dans le récit. Souvent, trop souvent, j'ai ressenti le moment où l'auteur restituait celles-ci dans ses histoires, de façon plus ou moins fortuite. Il n'est pas rare en effet, en dehors des spécialistes rencontrés par les protagonistes principaux, de trouver un personnage qui connaît justement très bien telle ou telle donnée d'un problème à un moment clé, leur permettant à tous d'avancer dans la résolution d'un mystère.

Deuxième point, l'impression que le style n'est plus du tout au rendez-vous, que les livres parus depuis Syndrôme E jusqu'à Puzzle, s'inscrivent dans une lignée de livres aseptisés dont les ficelles sont par trop visibles. L'attention est apportée – et là encore ce n'est pas un mal – sur l'ambiance, sur l'atmosphère, sur la tension, avec ce qu'il faut de rebondissements, de volonté de surprendre, mais malheureusement, cela ne suffit pas. Il manque à ces livres ce petit supplément d'âme que j'avais pu trouver à différents degrés dans les autres.

Dans Puzzle, le schéma est à peu de choses près le même. Franck Thillliez a abandonné Lucie Hennebelle et Frank Sharko le temps d'un nouveau roman. Si le premier tiers est intrigant, plutôt bien mené, dès que l'on pénètre dans le huis-clos d'un hôpital psychiatrique à l'abandon, l'attention se relâche. C'est là en effet que se retrouvent les participants d'un jeu grandeur nature, Paranoïa, dont on sait peu de choses sinon qu'il les confrontera à leurs peurs les plus viscérales et que le vainqueur remportera 300 000 euros. La machine semble vouloir s'emballer, monter en puissance dès que les joueurs s'approprient les lieux. Pour moi, le moteur a calé. Puzzle s'est révélé lent, brouillon, répétitif et, tout compte fait, peu intéressant. Loin de moi pourtant l'envie d'être trop sévère : quand était paru La Chambre des morts, je travaillais en librairie et j'avais participé à la liesse générale autour du livre ; pour ce qui est de Puzzle, j'aurais eu du mal à le « vendre » aujourd'hui... 

Puzzle, de Franck Thilliez, Fleuve noir, 2013, 432 p.
CITRIQ

2 commentaires:

Guillome a dit…

j'ai beaucoup aimé ses premiers livres. Pas encore lu ses romans parus chez Fleuve noir. Au rythme d'un livre par an, la qualité peut se faire sentir....Au de quelques avis sur la blogosphère, tu n'es pas le seul à avoir été déçu.

BiblioMan(u) a dit…

"'La forêt des ombres" reste un très bon souvenir.... Et il n'est pas impossible de toute façon que je lorgne encore sur un prochain pour peu que le résumé m'attire...