14/09/2008

Les Démons de Dexter / Jeff Lindsay

J'étais prêt. Oui, j'étais prêt, définitivement prêt à sortir l'artillerie lourde, à savoir le dictionnaire encyclopédique des superlatifs. J'étais même tout disposé à en inventer quelques uns, histoire d'illustrer l'intérêt croissant que j'avais porté à Jeff Lindsay et à son héros ambivalent, Dexter.

Trois mois venaient de passer depuis le jour où j'avais appris que le troisième tome allait enfin paraître. Trois mois que j'attendais avec une impatience toute juvénile, que mon portefeuille vibrait sous mon costume, en proie à une fébrilité que je ne lui connais guère. Trois mois, enfin, que je battais le rappel à droite et à gauche, auprès de tous ceux à qui j'avais vivement conseillé de lire Ce Cher Dexter et le Passager noir (rebaptisé Dexter revient lors de sa sortie en poche), que je laissais des post-it sur le bureau de mes collègues de travail: "Tremblez. Bientôt, Dexter se rappellera à vous...".

Sans nul doute, il s'agissait là des séquelles laissées par l'enchantement de la lecture des premiers tomes : maîtrise parfaite des intrigues, un narrateur dont l'absence totale d'émotion ne peut laisser indifférent et, cerises sur le gâteau, un humour et un cynisme ravageurs. Une alchimie si évidente que les studios américains ne s'y sont pas trompés en faisant de Dexter, une excellente série.

De fait, je n'ai pas pu m'empêcher de me poser la question suivante : Dexter, victime de son succès télévisuel ? Car ce troisième tome est une bien belle daube des familles, qu'on se le dise.

Ce n'est pas dans mes habitudes de parler ainsi d'un livre mais là, franchement, difficile de faire autrement. Dans cette histoire, Dexter n'a pas seulement perdu son Passager noir, cette entité indispensable à l'exécution de ses crimes. Il s'est aussi défait de tous ses attraits pour finalement revêtir un costume dont la trame est composée ainsi : 40% grand-guignolesque - figurez-vous que c'est confirmé, les enfants de la compagne de Dexter, brisés, ont en eux le même potentiel pour devenir des tueurs en série et insistent pour que leur beau-père se décide à les initier -, 30% stupidité - l'un de ces mêmes enfants voit les ombres noires planer au dessus des gens très très méchants - 20% absurdité - Dexter succombe aux notes de musiques sacrificielles résonnant dans sa tête et se livre naturellement à ses kidnappeurs - 10% vide -

-.

On ressort de cette lecture avec le sentiment que Jeff Lindsay a bataillé dur pour donner un semblant de forme à tout ça. Il n'aurait pas dû se donner cette peine.

05/09/2008

Swap / Antony Moore

Quoi de plus banal qu'un échange entre gamins ? La plupart du temps, on oublie bien vite l'objet de ces tractations, ou bien l'on s'en rappelle avec un parfum de nostalgie. Harvey, lui, cela fait vingt ans qu'il y pense, à son échange, vingt ans qu'il se mord les doigts d'avoir négocié le Superman numéro un contre un vulgaire morceau de plastique tout juste bon à couper l'herbe. Depuis ce jour, il vit avec le secret espoir de remettre la main sur cette bande dessinée dont la valeur a atteint de tels sommets qu'elle lui permettrait dès aujourd'hui de quitter sa librairie BD pour ouvrir un coffee house à New-York, avec des murs peints de super-héros.

Alors quand il se rend à la réunion des anciens élèves, le 20ème anniversaire, Harvey espère une fois de plus que Bleeder le Bizarre sera là, que l'occasion lui sera enfin offerte de l'interroger, quitte à tirer un trait sur le regret de l'échange. Et de vivre enfin... Si simple sur le papier, mais voilà, Harvey, la simplicité, connaît pas...

Il suffit de peu de pages à Antony Moore pour camper le ton et l'ambiance qui jalonneront l'ensemble de Swap. Une unité et un univers que l'on se complait à parcourir pour la simple et bonne raison que l'humour, so british, parfois bien noir, en constitue une particule élémentaire.

Les amateurs de Nick Hornby et de son Haute fidélité ne sauront être insensibles aux personnages qui font vivre ce roman. Peut-être parce qu'on y trouve un petite boutique ouverte aux passionnés et un vendeur (quel vendeur!) ô combien loufoque, si drôle et qui, même s'il n'est pas toujours présent, apporte son équilibre au livre.
Et puis il y a Harvey, le grand enfant dont la maturité semble s'être figée au moment de l'échange. Une impression qui se confirme jusque dans les relations qu'il entretient avec ses parents et dont le lecteur se trouve être le bienheureux spectateur.

Oui, à tout bien considérer, il s'agit bien là d'un spectacle, très visuel, ponctué de scènes hilarantes, à la frontière d'un absurde tout en finesse -bon sang ! Ce passage où Harvey, pourtant dans une situation désespérée, rechigne à rajouter une pièce dans le combiné téléphonique parce qu'il lui reste si peu à parler...un véritable régal!- et que l'on quitte en applaudissant mentalement. Car il y a l'humour, c'est une chose, mais autour des hommes et de leur mise en échec, dans leur volonté d'exister aux yeux des autres, il y a aussi une sensibilité et une émotion qui confèrent à Swap une dimension tout à fait singulière. Un bien beau mélange, en somme...

28/08/2008

La Mémoire fantôme / Franck Thilliez

Lucie Hennebelle, l'héroïne de l'appréciable Chambre des morts, est de retour. A Lille cette fois-ci. Elle a beau y aspirer, ne serait-ce que pour l'équilibre de ses jumelles, la tranquillité semble lui échapper irrémédiablement, comme une fatalité. Les histoires les plus sordides, les emmerdes, il faut croire que c'est toujours pour elle. Comme ce fameux soir où le sort frappe à nouveau à sa porte. Non loin de là, on a retrouvé une femme vraiment bizarre, dans un sale état. Son étrangeté, elle la doit à une maladie contractée quelques années plus tôt, suite à un choc psychologique traumatisant : ses souvenirs ne durent que quatre minutes. Au-delà, l'effroi abyssal de l'oubli permanent se reforme sans cesse. Ce soir là, elle est persuadée d'être au mois de février alors que le mois d'avril est déjà là. Elle pense sa mère vivante, elle s'est en fait suicidée des années plus tôt. Ses paumes sont lacérées, entaillées d'un message annonciateur de funestes présages : Pr est de retour. Le Professeur, ce serial killer qui avait tant fait parler de lui quelques années en arrière.

Je vais commencer par la chose qui fâche, celle qui m'a fait gronder, voir rouge et gonfler mon costume au point d'exploser un bouton sous la pression (tsss...tsss.tsss...je tiens à dire aux mauvaises langues que cela ne s'est en aucun cas produit parce que j'ai mangé trop de rillettes et de magret de canard pendant les vacances, que nenni!) : la note au lecteur. Croyez-le ou non mais Franck Thilliez a en effet tenu a revenir sur l'histoire pour, d'une certaine manière, nous montrer à quel point il a été très très fort. Libre à nous de vérifier, mais il nous y invite, que dans le roman, "le soleil n'éclaire jamais le ciel, livré aux ténèbres tout au long de ces pages. Et parmi les milliers de mots qui en constituent la trame, jamais vous ne verrez apparaître plaisir, joie ou espoir." Merci monsieur Thilliez, mais tout cela je l'avais ressenti, perçu et apprécié sans que vous me livriez une fiche de lecture. Votre livre, très réussi, se suffit à lui-même.

Oui, car malgré cet aspect, le bouquin est vraiment très bon, prenant de bout en bout, jamais décevant. Les mécanismes de la mémoire et de la folie sont trempés dans un océan de noirceur. La tension est à son comble tout comme l'est celle qui habite sans relâche Lucie Hennebelle vis à vis de son enquête ou de ses cicatrices personnelles. Une nouvelle perle, destinée à un très large public (sans le côté péjoratif de la locution), dans la bibliographie de l'auteur. Pourvu que ça dure...

27/08/2008

Les Ombres du passé / Thomas H. Cook

Décidément, au terme des deux lectures précédentes, on serait en droit de penser que, bon sang, le BiblioMan(u), y fait bien sa fine bouche. Et pourtant...quand on part en vacances, on essaie un minimum de s'assurer des lectures agréables.
Alors, ce n'est pas que celle-ci ne l'ai pas été. Le récit est assez fluide même s'il n'a à priori rien d'original et m'a franchement rappelé le Livre de Joe de Jonathan Tropper. Le point de départ est en tout cas largement le même.

Après avoir fui son village natal vingt ans plus tôt, un homme y revient en effet pour veiller sur un père détesté dont les jours sont comptés. Un retour difficile. D'autant plus quand la fuite avait été motivée par le suicide de son frère, survenu après avoir été appréhendé pour le meurtre des parents de sa petite amie. Tout n'est donc pas forcément aussi simple et le retour du narrateur va être l'occasion de revenir sur la tragédie, sur ses réels fondements.

Si la lecture des Ombres du passé est aisée, le livre souffre néanmoins de deux défauts malencontreux. Systématiquement, dès que le narrateur découvre des éléments sur la soirée du meurtre, sur les personnages qui l'entourent, bam !, cela entraîne des situations ou des dialogues où nul ne s'étonne des ses connaissances, cachées jusque là. De fait, les ressorts de l'intrigue sont par trop visibles, le parcours du narrateur (et du lecteur!), trop balisé.

Autre déception, la fin, loin d'être à la hauteur des attentes. Un effet flop qui m'a fait refermer le livre sur un bof! retentissant. A découvrir Thomas H. Cook, mieux vaut finalement se plonger dans Preuve de sang, nettement plus abouti.

Le Journal d'Eleanore Druse / Eleanore Druse (????)


Bon. On ne va pas s'éterniser sur celui-ci.

En guise d'amorce, on trouve une lettre d'Eleanore Druse adressée à Stephen King lui-même, lui stipulant que par son intermédiaire, en grand connaisseur des arcanes de l'horreur, son histoire aura des chances d'intéresser un large public. Croira qui voudra...mais bien évidemment, cette mise en bouche dont le but est de pimenter le récit d'un sursaut de réalisme, fait partie des ces artifices bien connus des auteurs et des lecteurs. Pourquoi pas ? Quand ça fonctionne...

En jetant un oeil sur le copyright, on voit qu'il s'agit d'une société télévisuelle et du coup, naïvement, on se demande qui a bien pu pondre un tel produit dérivé de la série Kingdom Hospital, elle-même inspirée largement de celle de Lars Von Trier, The Kingdom : un scénariste, Stephen King lui-même ?

Cette interrogation ne dure qu'un fugace instant car on ne retire rien de cette lecture, si ce n'est qu'elle traîne en longueur malgré sa brièveté sans jamais, ô grand jamais, susciter l'attention. De l'opposition stérile et en l'occurence débile du paranormal et de la cause scientifique, le tout mâtiné de visions d'horreur pas vraiment efficaces. Sans façon.

26/08/2008

Le Voyageur / John Twelve Hawks

On dit souvent que les voies du seigneur sont impénétrables, mais celles de l'édition peuvent donner l'apparence de l'être tout autant à moins, bien sûr, d'être dans le secret des...dieux. J'en veux pour exemple cet ouvrage de John Twelve Hawks, le Voyageur.

En 2006, le voici qui atterrit sur les tables des librairies et allez savoir de quoi ça parle ! Un auteur inconnu dont le nom ne figure même pas sur la couverture, pas de résumé, juste une phrase qui n'en disait vraiment pas long sur l'histoire.

Alors c'est vrai qu'à l'époque, à moins d'en avoir eu vent, difficile de sortir 22 euros uniquement sous le sceau du mystère. Heureusement, on savait qu'il s'agissait d'un roman, c'était tout de même indiqué. Sinon, imaginez le calvaire du pauvre libraire qui n'aurait pas eu la chance d'avoir la visite d'un représentant pour lui parler du livre, bien embarrassé à l'idée de savoir dans quel rayon il allait bien pouvoir le mettre : récit de voyage, science-fiction, littérature générale, spiritualité...allez savoir...

J'avoue que je serais curieux de connaître les ventes réalisées après une telle mise en place. D'autant plus que...patatras...en mars de cette année, le voici qui redéboule, vendu gratuitement, mesdames, messieurs, avec le deuxième tome. Nouvelle couverture, un beau résumé en prime, et des références toujours aussi mercantilement éditoriales : "mettez quelques touches d'Orwell, ajoutez un zeste de Philip Pullman et saupoudrez d'une pincée de Dan Brown".
Orwell, ok, cela va de soi, on y pense. Pullman, pourquoi pas. Mais Dan Brown, tu parles d'une pincée ! Un grain de sel dans la piscine Olympique, oui ! Même si je préfère qu'il en soit ainsi...
A vrai dire, le voyageur, ouvrage de science-fiction aux allures de thriller est un peu décevant, inégal surtout. En gros, vraiment en gros parce que j'aurais peur de vous lasser avec un résumé harassant, les voyageurs sont des personnes capables de naviguer entre les mondes parallèles. Mais au fil des siècles, ces êtres exceptionnels ont été exécutés par la Tabula, une confrérie, la Grande Machine, Big Brother si vous voulez, à même de suivre les faits et gestes de chacun, d'endormir pour mieux contrôler.
Il y a de véritables bons moments dans ce livre là, et qui ont souvent trait aux mondes parallèles, pourtant à peine esquissés.
En revanche, le côté course-poursuite qui, comme dans beaucoup de thrillers, s'accélère sur la fin dans un ballet finalement inutile et lassant, déjà vu, eh bien, tout cela vient gâcher le plaisir, et c'est bien dommage. Il ne reste plus qu'à espérer que la suite ira beaucoup plus loin dans l'exploration des autres mondes et que l'on fera plus qu'y tremper le bout de l'orteil...sans Dan Brown, merci !

11/08/2008

Le Serrurier volant / Tonino Benacquista et Tardi

Marc est un homme ordinaire. Il se considère comme tel, le vit sans aucune sorte de complexe. Dans la mesure où il assouvit ses moindres besoins, tout va bien.

Cette quiétude se voit portant chamboulée quand, en se laissant porter par les événements, le voici devenu convoyeur de fonds. Le braquage qui devait arriver arrive et le laisse avec un corps en compote qu'il reconstruit tant bien que mal.

Une fois rétabli, Marc devient serrurier. Ainsi, il est son propre maître, ne rend de compte à personne, entre en rupture avec le rythme imposé par la société et, comme il y aspire, se coupe du monde. Jusqu'à...

Avec le Serrurier volant, on retrouve beaucoup plus que la griffe rafraîchissante, limpide et agréable de Tonino Benacquista. On y voit aussi celle de Tardi que je n'affectionne pourtant pas particulièrement dans ses bandes dessinées. Mais force est de reconnaître que pour cet ouvrage, le mariage du texte et de l'image est parfaitement réussi. Les illustrations n'altèrent en rien le travail imaginatif qui accompagne la lecture. Au contraire, elles le transcendent. Que ce soit les personnages, les lieux, les décors, la nuit (si bien rendue, si suggestive, si révélatrice de la solitude de Marc), l'association se fait si naturellement qu'on aurait du mal à imaginer le texte et l'image dissociés l'un de l'autre.

Une fois la lecture achevée, on aspire même à renouer avec une telle expérience. Ce qui tombe d'ailleurs très bien puisque les éditions estuaire ont façonné d'autres carnets littéraires (d'où le nom de la collection) auprès de différents artistes, auteurs, illustrateurs et photographes. Rien de tel, donc, pour partir à la découverte de plumes jusqu'alors inconnues, ou de les appréhender dans un tout autre contexte.

04/08/2008

Dérive sanglante / William G. Tapply

Quand on rencontre un personnage comme Stoney Calhoun, le héros énigmatique de Dérive sanglante, on comprend aisément pourquoi certains auteurs rechignent à se séparer de leur créature. Quitte, parfois, à trop tirer sur la corde, tarir les mines de l'originalité et du style pour, au final, s'assoupir sur l'équilibre instable (faut pas nous la faire, quand même!) de la reconnaissance.

Seulement quand on a la chance de tomber sur un livre tel que celui-ci, on aurait bien de la peine à imaginer un si navrant scénario. Car Dérive sanglante a tous les éléments d'un excellent policier. J'hésitais à le dire tant cela paraît maintenant convenu et usité à tout va mais...oh, après tout, je peux me le permettre, je ne suis pas Michael Connelly, Stephen King ou encore Harlan Coben, ces chers messieurs qui vivent une carrière parallèle de signataires de bandeaux pour des éditeurs en quête de ventes. Je me permets ici ma petite digression habituelle, même si j'ai déjà eu l'occasion de parler de ces fâcheuses tendances éditoriales, d'autant plus agaçantes quand les citations évoquées ou les comparaisons avec d'autres auteurs sont totalement superflues ou tout droit sorties de l'outre-espace.

Donc, si j'avance toujours masqué, et vous l'aurez de toute façon remarqué, je ne suis ni Michael Connelly ni aucun autre auteur, si ce n'est celui de ces rubriques. C'est justement à ce titre que j'ai le plaisir de vous dire que ce livre de William G. Tapply, eh bien, on a sacrément du mal à le lâcher. Tout ça pour ça, me direz-vous, mais que voulez-vous, on ne contrôle pas toujours ses humeurs bavardes, bien que je me sois fixé pour ligne de conduite de ne parler ici que des livres, de leurs histoires et de mes impressions de lecture. Alors...

Stoney Calhoun a perdu la mémoire, apparemment après avoir pris la foudre. Le mystère entoure son accident. Après sa sortie d'hôpital, Calhoun a en sa possession un chèque de 25 000 dollars et tous les mois, il reçoit une somme d'argent conséquente sur son compte en banque. N'obtenant aucune réponse à ses questions, il s'est retiré dans le Maine où il travaille dans un magasin d'article de pêche. Il mène une vie paisible, recevant parfois la visite d'une homme en uniforme qui vient s'assurer qu'il ne se souvient de rien.

Lorsque son jeune ami ne revient pas d'une visite guidée avec un client inconnu, Calhoun ne réfléchit pas et part à sa recherche, ravivant des réflexes enfouis. Ceux d'un policier ? D'un criminel ?
A la fois sensible et impénétrable, comme sa mémoire, Calhoun offre un nouveau visage intéressant et intrigant dans le panorama des figures du polar. Flegmatique, il évolue dans un cadre que Tapply retranscrit avec une réelle force évocatrice:

Les routes poussiéreuses flanquées de murets, le sol sablonneux, les champs brûlés avant les semis, les ruines d'anciennes fermes au bout de chemins à présent envahis par un fouillis de genièvre et de peupliers et de vieux pommiers noueux, le bruissement d'une perdrix qui s'envole, la queue blanche, soudain entr'aperçue, d'un cerf, les érables aux troncs desquels on fiche un robinet pour en extraire la sève, le toit en aluminium d'une grange, lesté de vieux pneus de tracteur en cas de tornade, les vaches Holstein et Jersey broutant dans les pâturages rocailleux, les grosses caravanes auxquelles il pousse des antennes de vingt pieds de haut, les verges d'or qui fleurissent entre les carcasses rouillées des automobiles mortes, les poules qui picorent le gravier devant les portes, les blizzards et les orages et le vents du nord-est en septembre, et toujours cette fille aux cheveux blond miel, étendue sur une vieille couverture d'armée brune, ses yeux verts rieurs, ses petits seins nus, allongeant le bras pour toucher son visage, murmurant quelque chose qui ressemblait à un "ouaip"...

Le Maine, un lieu qui se révèle le théâtre d'une dérive sanglante, d'une enquête policière magistrale. Alors bien sûr, vivement la suite, Casco Bay, dont vous pouvez lire une chronique ici, un avis qui a favorisé ma rencontre avec Stoney Calhoun et ces paysages du Maine si bien évoqués.

"Un livre qu'on a bien du mal à lâcher" - BiblioMan(u) - "jusqu'à l'objet lui-même avec sa couverture sobre et efficace, l'empreinte d'une maison d'édition audacieuse et de qualité, Gallmeister, dont les titres sont écrits plus gros que le nom de l'auteur..."

26/07/2008

La Déclaration : l'histoire d'Anna / Gemma Malley

Anna est une Surplus, une enfant qui n'aurait jamais dû naître. D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle a toujours habité le foyer de Grange Hall, en compagnie d'autres enfants dont les parents ont bafoué la loi en les laissant voir le jour. Car en 2140, les Hommes ont trouvé le chemin de l'immortalité et pour rien au monde ils n'y renonceraient.

Anna et ses condisciples on subi un véritable lavage de cerveau qui a consisté à leur ôter tout sens critique, tout esprit de rébellion. Pas un seul instant ils ne doutent de leur nullité, de leur inutilité. A leurs yeux, les parents qu'ils n'ont jamais connus, sont des êtres insouciants et abjects. Des fautifs.

Anna est une des Surplus les plus rigoureuses. Elle accomplit ses devoirs de déléguée comme nulle autre. Pourtant, cela ne veut pas dire qu'elle est à l'abri des erreurs. La première, elle la commet en acceptant un carnet que lui offre une immortelle plus sensible que ses pairs chez qui elle a remplacé une servante malade. A la suite de quoi elle écrit ses pensées, y prend un plaisir qui occulte sa honte de braver l'interdit. Inacceptable de la part d'une Surplus...

C'est le début d'une spirale infernale qui se déchaîne d'autant plus avec l'arrivée d'un garçon qui lui dit la connaître, elle et...ses parents.

Avec la Déclaration, on est vraiment très proche du Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro. On y trouve le pensionnat, ses élèves parqués là pour servir la cause d'une humanité qui s'est perdue en cours de route et qui se planque derrière ses acquis tout en se donnant bonne conscience.

Dans le roman de Gemma Malley, destiné dans un premier temps aux adolescents (mais hautement recommandable aux adultes!), l'histoire et les personnages se combinent à merveille. Ils dressent un monde à la cohérence glaciale, une atmosphère saisissante pour un roman...prenant!

20/07/2008

Du balai ! / Ed McBain

A ce jour, je n'avais jamais lu un seul Ed McBain, pas même sous l'un de ses pseudonymes. Voilà, c'est dit, révélé, avoué, on ne va pas s'appesantir sur ce sacrilège.

Il en aura quand même fallu du temps, me direz-vous car quand même, le Ed, c'est pas n'importe qui. A la force de ses romans, il s'est imposé comme un classique parmi les classiques de la littérature policière. On ne peut pas le louper. Que ce soit dans les librairies, les bibliothèques, vous le trouverez toujours, incontournable, notamment avec les enquêtes de la Brigade du 87e District.

Du Balai ! s'inscrit dans cette série qu'Ed McBain avait envisagé de la manière suivante : " L'idée première c'était de faire d'une brigade d'inspecteurs un héros collectif. Je voulais décrire avec précision la journée de travail des flics d'une grande ville et créer une demi-douzaine de personnages dont la personnalité et les traits de caractères variés formeraient, en se conjuguant, un héros unique. A ma connaissance, cela n'avait jamais été fait. Je pensais que cette idée me permettrait d'incorporer de nouveaux venus quand le besoin s'en ferait sentir, d'ajouter leurs qualités ou leurs défauts particuliers au mélange déjà existant, tout en me débarrassant de ceux qui ne me paraîtraient plus indispensables. Le héros, c'était la brigade du 87e district."

Il ne fallait pas moins que l'intégralité de ces éléments humains et de ces perspectives d'écriture pour m'amener à pousser les portes de ce poste de police. Après celui de la bourgade évoquée par Donald Harstad dans Onze jours, j'allais suivre les pérégrinations, les troubles et les enquêtes au jour le jour de nouveaux inspecteurs, dans un contexte différent cette fois-ci. Par ailleurs, je m'étais également dit qu'il faudrait bien que je découvre l'univers d'Ed McBain par moi-même et non plus par l'idée que l'on se fait, presque malgré soi, d'un classique. Ce n'est pas parce qu'un auteur est archi-connu, qu'on en a entendu parler tant et plus par des sources diverses, que l'image que l'on s'en est faite est juste. Rien ne vaut une immersion personnelle ! C'est d'ailleurs ainsi que j'ai découvert les romans d'Alexandre Dumas et que régulièrement me prennent de grosses envies de retrouver sa prose et son souffle incroyables. Une fois de plus, je m'égare...mais...quand même...le Comte de Monte-Cristo ! Hein ? C'est pas merveilleux ça, comme histoire ? Là, on a tous les ing...

Oui, donc... Du Balai ! aura été une agréable découverte qui appelle à lire les autres ouvrages pour s'approprier la comédie humaine qu'Ed McBain a voulu ériger. Bien qu'il ait été écrit en 1956, le livre fait preuve d'une actualité confondante même si l'on y trouve un léger côté désuet qui n'a pour autant rien de rebutant. A travers une série de meurtres de policiers du 87e district, McBain explore la ville de New-York, ses fléaux, le poids et la perversité de la presse ainsi que les mouvements d'une société en crise, en pleine mutation.

En dehors de ces aspects, on serait en droit de se demander : "Et l'histoire dans tout ça, elle vaut quoi ?". Parce que c'est bien beau d'aborder telle ou telle thématique, si l'histoire ne tient ni en haleine ni ne tient la route, ciao et à jamais...

Mais Ed McBain n'est pas devenu un classique pour rien et je vous invite vraiment à lire ne serait-ce que le premier chapitre de Du balai !. Vous verrez qu'il en faut peu pour avoir envie de connaître le fin mot de l'histoire, un sentiment qui persiste tout le long du bouquin. Une lecture ma foi bien agréable, même si l'on ne crie pas encore au chef-d'oeuvre.

11/07/2008

Carnivore express et Palazzo maudit / Stéphanie Benson

Europe, 2020. Un futur pas si lointain, peu de changements : des avancées technologiques dans l'ordre du temps, un TGV devenu un TTGV (Train à Très Grande Vitesse) circulant un peu partout dans l'Union, les hommes respirant un air un peu plus pollué et....le crime qui, s'il ne paie pas toujours, est encore d'actualité. Le crime et ces grosses entreprises ou ces groupes d'hommes qui n'hésitent pas à écraser et sacrifier n'importe quel quidam pour s'en mettre plein les fouilles. Le nerf d'une guerre interminable. Du profit, encore du profit, toujours du profit. Une chasse incurable qui participe à la folle ruée dans le mur.

Ah, si, comme changement notable, on peut citer l’apparition de Tommy, une intelligence artificielle – il se présente ainsi en tout cas – qui recrute les agents d’EPICUR (European Police Investigatory Crime Unit Reserve), une unité d’élite d’enquêteurs d’Europol. Ceux-ci, triés sur le volet dans plusieurs pays, utilisent leurs compétences respectives pour mener à terme des enquêtes de grande ampleur.

Dans Carnivore express, suite au décès maquillé en suicide d’un policier britannique intervenu sur les lieux d'un accident ferroviaire douteux, Tommy lance ses agents sur une sombre affaire aux implications redoutables.

Changement de décor pour Palazzo maudit où Venise est à l'honneur. Un maçon est retrouvé dans les eaux, assassiné, la tête explosée par une balle...explosive. Ce qu'il avait découvert sur son dernier chantier n'était pas au goût de tout le monde.

Parfois, à trop voir les inspirations d'un écrivain, à trop penser à d'autres histoires télévisuelles ou littéraires, on pourrait croire qu'une intrigue est vouée à s'échouer sur les rives de l'oubli, ou pire, à se briser sur les récifs du désintérêt. Ce n'est vraiment pas le cas ici et puis de toute manière, c'est bien connu, les lecteurs voient parfois tout et n'importe quoi comme ça les arrange, quitte à se retrouver à une tablée et à vous ennuyer à mourir en vous expliquant la signification symbolique d'un éternuement (le tout d'une longueur exaspérante, cela va de soi) à la quatorzième page d'un auteur à la mode quand ce dernier n'a voulu illustrer qu'un...éternuement. Hé, oui, un écrivain n'a pas forcément d'intention derrière chaque mot, chaque situation...

Tout ça pour dire qu'en l'occurence, je reste un lecteur qui serait prêt à vous parler très longtemps des dessous de l'oeuvre de Stéphanie Benson et qu'il se pourrait très bien que j'ai tout faux sur toute la ligne. De la perte de confiance du super-héros...

Néanmoins, donc, en ce qui concerne les deux premiers ouvrages de la série EPICUR, je n'ai pu m'empêcher de penser à la célèbre série télévisée, revisitée plus tard par le cinéma, mode oblige, j'ai nommé : Mission Impossible ! Pour les décors (à Venise plus particulièrement et pour la description qui est faite de cette brume impénétrable) et la réunion des pesonnages évoluant plus ou moins à couvert en fonction des situations.

Et puis, bien sûr, j'ai pensé à MACNO, d'autant plus que Stéphanie Benson avait participé à cette courte aventure littéraire. Pour ceux qui ne connaîtraient pas MACNO, c'est, c'était à la science-fiction ce que le Poulpe est au polar, un empêcheur de tourner en rond, un redresseur de torts et, accessoirement, un casse-couilles de première. Les volumes qui sont parus n'étaient franchement pas très prenants ni intéressants. Mais du coup, j'ai eu le sentiment, jusque dans la construction du récit, que Stéphanie Benson avait voulu perpétuer cette aventure à sa sauce. Et grand bien lui en a pris: pas de fioritures, les affaires sont parfaitement traitées, les personnages, leur vie, évoluent au fil des tomes et l'on se plait à les suivre. Les romans sont courts et maîtrisés, jusque dans la dénonciation des travers de notre société et de ces pourritures qui ont perdu tout sens moral et humain, complètement déconnectés de la réalité, pour lesquels seul importe l'accroissement des chiffres sur leurs comptes en banque.

A en avoir les poils qui se hérissent !
Les autres titres de la série:

07/07/2008

Falaises / Olivier Adam

Dès les premières pages de ce roman vous êtes emporté dans la vie d'Olivier Adam. Ses mots, ses phrases sont simples, rien n'est plus entier. Il décrit sa vie comme étant son propre spectateur. Son existence pourrait paraître glauque et sombre, de part les expériences qu'il a pu traverser. Or son roman est empli de poésie, embué de mélancolie.
On s'attache à lui, à ce qu'il a pu vivre, on n'arrive pas à refermer ce livre, sans y laisser une part de nous même.
A travers sa souffrance, ses deuils qu'il ne parvient à faire, c'est un hymne à la vie qu'il nous offre.
Olivier Adam : « Je suis une nuit noire, une bordure de falaise, une vie noyée, avec vue sur le vide et sans vertige. », pour quelques pages plus loin le lire aimer la vie et le plaisir qu'il ressent de voir les gens heureux.
On sent qu'il revient de loin et on a envie de l'aider, le porter.
Dans ce roman Olivier Adam apprend la vie en compagnie des morts. Parfois tout ne tient qu'à un fil, qui est celui de savoir faire le deuil. A travers son histoire, on peut se poser la même question : ne reproduisons-nous pas toujours les mêmes rencontres jusqu'au jour où nous comprenons que nous répètons les même choses et que ce n'est pas une malédiction.
Nous entrons souvent dans une spirale et pensons que cela nous colle à la peau. Mais nous sommes les initiateurs de nos propres faiblesses, et de nos propres schémas de vie. Il suffit simplement qu'un seul chaînon se brise à un moment opportun pour que l'on puisse enfin exister autrement: « je tentais de briser le cercle morbide, de m'affranchir du malheur et la dépendance... »
A la fin de ce roman apparaît cette petite lueur d'espoir, elle amène de nouvelles rencontres, une nouvelle vie.
Si vous êtes en manque d'émotions, que vous avez oublié d'exister. Lisez Olivier Adam !!!

23/06/2008

La Mère des chagrins / Richard McCann

La Mère des chagrins aurait pu être un livre merveilleux s'il n'avait été aussi impénétrable. On sent à la lecture que l'empathie est là, roulant sous les mots sans jamais parvenir à en crever la carapace. La "beauté presque insoutenable"que lui prête Michael Cunningham, l'auteur du maintenant célèbre "Les Heures", on l'aurait presque imaginée disposée à bondir aux moindres évocations nostalgiques, pour éblouir le lecteur. Elle ne fait que refluer à mesure que les pages se tournent.

Paradoxalement, La Mère des chagrins est un livre bien écrit. A travers neufs récits remaniés et réunis pour constituer ce roman, le lecteur suit la narration d'un homme évoquant son enfance auprès de ses parents et de son frère, puis plus tard, sa vie, son homosexualité, la perte des êtres chers, la maladie, cette mère qu'il a tant admirée.
Si la narration de la jeunesse nous fait frôler l'ennui par le poids trop lourd d'une nostalgie déformée par le prisme de l'enfance, le récit semble ensuite tout disposé à prendre son envol. Mais cette impression ne dure qu'un temps. Très vite, un rythme lénifiant et froid s'installe. Est-ce dû à l'assemblage des textes et à leur réécriture ? Peut-être...
Quoi qu'il en soit, il est dommage, vraiment dommage que les personnages nous touchent à peine quand on sait qu'il aurait fallu si peu de choses pour inverser la tendance. Car effectivement, l'histoire, elle, est d'une tristesse qui aspirait à la beauté.

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16/06/2008

Le Diable en gris / Graham Masterton

Tout commence dans la chambre du bébé à venir, qui en fin de compte ne verra jamais le jour. Maman est en bas qui prépare à manger. Papa (trente et un ans à la page six, trente trois à la page dix-neuf...ne soyons pas mauvais, après tout, il n'avait peut-être pas l'âge de ses artères comme tout un chacun aura l'occasion de s'en apercevoir s'il daigne se plonger dans le roman.). Papa, donc, est en haut en train de poser du papier peint. En deux coups de baïonnette invisible, voilà madame qui rend l'âme et monsieur, lui aussi salement entaillé, tente de recoller les morceaux. Manque de bol pour lui, les secours arrivent à cet instant précis.

Reste à savoir ce qui est à l'origine de ce carnage surnaturel et de ceux qui ne manqueront pas de survenir. Sauf que, bon, on sait très vite à quoi s'en tenir et l'identité de ce diable gris ne laisse place à aucune surprise. D'autant moins quand on connaît le modus operandi du sieur Masterton, qui pioche dans les légendes et croyances d'ici et d'ailleurs pour échafauder ses histoires.

Cette fois-ci, ce sont la magie vaudou et un curieux régiment de la guerre de sécession qui sont invoqués. Deux prétextes tout trouvés pour assister à une accumulation de scènes sanguinolentes à souhait, sans oublier le rab (tripes, boyaux, entrailles et viscères triturées en tous sens...) au goût amer de surrenchère. Seuls les fans s'y retrouveront peut-être.
Mais que diable allait donc faire BiblioMan(u) dans une telle histoire ? me direz-vous. Permettez que je me pose la question et que je lui apporte une réponse : quand on évoque le nom de Masterton ou que je vois son nom apparaître sur les couvertures, il me revient toujours à l'esprit l'excellent "Portrait du Mal" dont je conserve toujours en mémoire la fin somptueuse et ce, malgré les années. Scusez pour la petite séquence nostalgie mais vous remarquerez que je n'ai évoqué ni les vieilles couvertures de la collection terreur des éditions Presses Pocket (devenues Pocket), avec leur encre rouge sur fond noir, ni le papier presque gris, et encore moins cette odeur de colle si enivrante...

Alors effectivement, je m'évertue à lire un Masterton de temps à autre. De moins en moins. Car il ne s'agit plus que de déception.

09/06/2008

Le Livre de Joe / Jonathan Tropper

Joe Goffman se serait bien passé de revenir à Bush Falls. Et là-bas, dans cette petite bourgade du Connecticut qui l'a vu grandir, nombreux sont ceux qui auraient préféré qu'il s'en abstienne. Difficile en effet d'oublier que l'on s'est vu ridiculisé et diffamé, par le biais d'un livre ayant rencontré un succès retentissant avant d'être en plus adapté au cinéma. Mais voilà, le père de Joe est mourant et il est temps pour le jeune écrivain d'affronter ses vieux démons, de renouer avec un passé qui lui colle encore à la peau.
Le Livre de Joe fait partie de ces livres à l'écriture très visuelle et au style fluide, dont on ne voit pas passer les pages mais qui n'est pas pour autant dénué d'intérêts, ce qui évitera de le classer trop vite dans la rubrique des livres écrasés, aussitôt lus et effacés de la mémoire.
Non, ici, le lecteur, pour peu qu'il soit sensible à ce type de situations, adhère à la description qui est faite de Bush Falls, de ses habitants, de cette quasi autarcie qui les lie les uns aux autres et qui les rend presque pitoyables. Malheur à celui qui quitte le ville, il est déjà devenu un étranger. A moins qu'il n'ait fait partie de l'équipe de basket locale, auquel cas, tout lui est pardonné. Vous voyez le genre...

Et si le narrateur apparaît comme un type pompeux, égocentrique, pénible, qui s'écoute parler autant qu'écrire (!), cet aspect de sa personnalité se voit progressivement nuancé par la construction du récit. Celui-ci est en effet entrecoupé de scènes situant l'action dis-sept ans plus tôt, en 1986, et apporte un éclairage nouveau, plus complet, sur Joe Goffman. Sur lui, mais aussi sur les rancoeurs et les cicatrices de tous ce personnages qui se sont vus basculer de la réalité du narrateur-écrivain à sa fiction.

Il s'agit donc là d'un très bon livre, sensible et touchant dans lequel flotte un air de nostalgie qui sonne juste. Seule la fin est à déplorer. Jonathan Tropper aurait voulu faire des appels du pied aux producteurs de cinéma Hollywoodiens qu' il ne s'y serait pas pris autrement. Pas facile de finir en beauté. Pour la peine, je m'en suis imaginée une autre.