Affichage des articles dont le libellé est Fantasy. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fantasy. Afficher tous les articles

17/12/2012

Les Sept lames. Tome 1, L'Antre des voleurs / David Chandler

Deux ans ! Deux ans que je n'avais pas ouvert un livre de fantasy, sinon pour en feuilleter un ici ou là sans jamais succomber. Mais voilà, Jean-Luc Rivera dont je suis assidûment les coups de cœur sur le site ActuSF et l'opération masse critique de Babelio sont passés par là, alors...

…alors, ce n'était pas mal du tout. Ce n'est clairement pas l'ouvrage qui va tout ravager sur son passage, ni faire s'ébranler les fondations des littératures de l'Imaginaire, mais pour ce qui est de divertir, David Chandler a plutôt bien mené sa barque.

La Cité de Ness vit ses derniers instants. C'est en tout cas ce que souhaite un mystérieux commanditaire lorsqu'il s'entoure des services d'un magicien à la sombre réputation, Azoth, et d'un géant de muscles, Bisbille, détenteur d'une des sept lames tueuse de Démons. Pour parvenir à leur fin, ils ont pour projet de voler la couronne du burgrave, le seigneur de la ville, certains que si celui-ci ne la revêtait pas avec aux cérémonies officielles de la Damade, la ville serait alors soumise à une vindicte sans précédent, entraînant dans son sillage un chaos indescriptible. Pour mener leur plan à bien ils comptent aussi engager un voleur doué, mais suffisamment stupide et naïf pour pouvoir s'en débarrasser sans heurts une fois la tâche de celui-ci accomplie. Leur choix se portera sur Malden, un jeune homme débrouillard qui vient juste de tomber dans les griffes de Tailleserpe, le maître de la guilde des voleurs. Le plan est irréprochable à un détail près : Malden est loin d'être stupide.

L'Antre des voleurs est un livre bien rythmé dont la grosseur n'implique aucune longueur. On ne va pas s'en plaindre... C'est d'autant plus surprenant que l'auteur a recours à l'unité de lieu, l'action se restreignant à la seule ville de Ness. L'extérieur n'est ici évoqué qu'à de courtes occasions, pour alimenter les enjeux auxquels peuvent être soumis certains personnages. D'autre part, on doit sans doute à l'humour qui émaille ce récit cette facilité de lecture. Pas d'humour potache mais une volonté certaine de l'auteur de ne pas trop se prendre au sérieux, de s'amuser avec ses personnages et de jouer avec les codes de la fantasy.

Seul petit bémol tout de même, mais rien de bien méchant et qui tient sans doute à la légèreté assumé du récit : David Chandler use un peu trop du cliffhanger. Il met souvent Malden et consorts dans des situations inextricables dont on imagine mal comment ils pourront s'en sortir, tout en sachant pertinemment qu'ils vont en réchapper deux chapitres plus loin, quand la narration reviendra sur eux. Ce procédé s'accélère en fin d'ouvrage lorsque l'action s'emballe. L'alternance de focalisation dans des chapitres assez courts suscite un certain agacement, d'autant que ce n'est vraiment pas très utile quand on connaît tacitement l'issue des scènes présentées.

S'il est courant de voir des série à rallonge en Fantasy, le fait qu'il y ait une suite à l'Antre des voleurs est assez surprenant. Cet ouvrage aurait pu se suffire à lui-même. Mais à l'instar des polars où l'on apprécie aussi les personnages pour leur vie personnelle, leur caractère, leur entourage, l'univers dans lequel ils évoluent, et pas seulement pour leurs enquêtes, on imagine très bien revoir Malden et ses acolytes dans d'autres aventures, juste pour le plaisir de voir dans quel pétrin ils vont se fourrer... et comment ils vont s'en dépêtrer !

CITRIQ
Les Sept lames tome 1 : L'Antre des voleurs, de David Chandler, traduit de l'américain par Benjamin Kuntzer, Milady (Milady Imaginaire), 644 p.

03/10/2010

Les Royaumes crépusculaires / Mathieu Gaborit

Parmi les lecteurs de Fantasy ou de Science-Fiction, genres où les cycles à rallonge ont pignon sur étagères ou sur présentoirs, il y a principalement deux écoles dans lesquelles vous trouverez:

* ceux qui lisent les préquelles ou les nouvelles se situant dans l'univers d'un cycle pour se donner une idée avant de tenter le grand plongeon. Ceux là sont plutôt rares : bien souvent la parution de tels volumes s'effectue une fois que la série a connu un certain succès, ce qui suppose un nombre déjà important de titres.

* ceux qui lisent les tomes au fur et à mesure de leur parution, quitte à relire le ou les volumes précédents pour chacune d'entre elles, histoire de tout se remettre en tête.

* ceux qui attendent qu'un cycle soit terminé pour entamer sa lecture tout en ayant conscience qu'on n'est jamais à l'abri d'un phénomène de lassitude en cours de route ou de la parution post-mortem d'un manuscrit oublié au fond d'un tiroir et miraculeusement retrouvé.

Je fais pour ma part partie de la dernière catégorie, tout en ayant pratiqué la deuxième pendant un certain temps. Après tout, avec une intégrale, on est en droit de se dire que l'histoire est terminée, que l'on aura son début, son milieu, sa fin, et point barre. Quoique je dis ça, je dis ça, et le dernier volume du Trône de Fer de George R.R. Martin n'est toujours pas paru en langue originale tandis que les premiers tomes de son intégrale sont déjà sortis. Mais peut-être faut-il y voir là le signe de l'exception qui confirme la règle...

Enfin bref, quand est enfin venue l'heure de réunir l'ensemble des œuvres de Mathieu Gaborit gravitant autour des Royaumes crépusculaires, j'ai été plutôt enthousiaste. De cet auteur, je n'avais lu que les [réussies] Confessions d'un automate mangeur d'opium, écrites conjointement avec Fabrice Colin. Avec cette intégrale, c'était donc pour moi l'occasion de découvrir un univers dont je ne savais rien, sinon qu'il avait déjà rencontré un succès certain lors de ses premières éditions.

Seulement, je n'ai pas été emporté aussi loin que ce que j'aurais pu imaginer de prime abord même si le début était plus que prometteur. Le père d'Agone vient de mourir. A cette occasion, le jeune homme revient à la baronnie de Rochronde où l'accueil qui lui est réservé est à la hauteur de ses attentes : glacial. Agone avait depuis longtemps signifié sa volonté de ne jamais succéder à son père. Il avait préféré rejoindre la fraternité de Préceptorale, devenir itinérant et enseigner la lecture et l'écriture dans les campagnes. Autrement dit, il avait choisi la voie diamétralement opposée à celle que son père lui destinait. Cependant, en guise de testament, aux allures de dernière volonté, ce dernier l'enjoint de rejoindre le collège de Souffre-jour. Au bout de six journées d'enseignement, Agone sera libre de choisir entre la baronie ou Préceptorale, sans que personne ne puisse revenir sur sa décision.

Les Royaumes crépusculaires est un ouvrage original par bien des aspects. Mathieu Gaborit est parvenu à créer un univers à part entière, à la fois fouillé et intrigant. Malheureusement, je n'ai pas été transporté. Ce n'est pas ce monde si particulier et si riche qui m'a rebuté mais bien le style de l'auteur que j'ai trouvé trop descriptif, trop chargé. A tel point que j'ai eu l'impression de ne jamais vraiment avancer dans ma lecture, comme si chaque action était par trop décomposée et, paradoxalement, empêchait mon cerveau de générer des images précises, celles que cet univers méritait sans doute et que d'autres ont par ailleurs su puiser. De même, je n'ai pas été sensible à la psychologie d'Agone, tantôt très maître de lui, tantôt d'une naïveté désarmante, ce qui lui a fait perdre de la crédibilité à mes yeux. Certes un personnage n'a pas à être trop tranché, mais quand sa psychologie est à ce point si disparate, cela a tout de même de quoi décontenancer.

Néanmoins, ne lisez ici qu'un avis de lecteur rencontrant en général bien des difficultés avec la Fantasy. Je suis sûr que les Royaumes crépusculaires trouveront un lectorat bien plus... éclairé ?


Petit rajout de dernière minute suite au commentaire d'Efelle. L'intégrale des Royaumes crépusculaires est composé des ouvrages suivants :

Les Chroniques crépusculaires : Souffre-Jour ; Les Danseurs de Lorgol ; Agone.
Abyme : Aux ombres d'Abyme ; Renaissances ; La Romance du démiurge.

Les Royaumes crépusculaires, l'intégrale, Mathieu Gaborit, Mnémos (Icares), 484 p.

26/08/2010

Le Trône de Fer. Intégrale 1 / George R.R. Martin

De mémoire, je crois ne jamais avoir lu ou entendu de critiques négatives sur le Trône de Fer. Bien au contraire, cette histoire de fantasy semble faire l'unanimité à tous les niveaux. Aussi, à force de m'entendre dire qu'il fallait absolument que je le lise, à force aussi de faire mienne l'idée que je devais bien avoir de la chance de ne pas l'avoir encore fait, ce n'est pas sans une certaine appréhension que je me suis lancé dans l'aventure. Je redoutais en effet de devenir la victime de ce phénomène courant faisant qu'après avoir entendu tant et tant d'éloges sur une œuvre, toutes les attentes la concernant ne sont finalement pas satisfaites ou comblées et que la déception soit au rendez-vous.


Eh bien, je ne serai pas celui qui fera la fine bouche ni celui qui trouvera à redire sur ce bouquin impressionnant. Pas l'once d'une remarque négative ne figurera dans ces lignes pour la simple et bonne raison que s'il y en avait une, voire même plusieurs, le souffle et la d
imension épique qui habitent ce premier tome de l'intégrale du Trône de Fer balayent tout sur leur passage.

J'avais déjà eu l'occasion de parler ici des Préludes consacrés à cet un
ivers médiéval développé (c'est le moins que l'on puisse dire!) par George R.R. Martin et des a priori pas toujours fondés touchant à ce type de manie des éditeurs, consistant à tirer sur la corde et faire paraître tout et n'importe quoi sous prétexte que c'est vendeur... Le Royaume des Sept Couronnes ne m'était donc pas totalement étranger. A vrai dire, la seule difficulté que j'ai rencontrée a été de me familiariser avec les personnages de l'histoire. Ils sont nombreux, appartiennent à des familles qui se sont mélangées et étoffées au gré des jeux du mariages et des manigances de Cour. Je me suis souvent référé à l'utile (!) liste des acteurs principaux du Trône de Fer pour savoir qui était le fils de qui, la soeur ou le frère de qui, quels liens unissaient les uns aux autres. Et une fois passé cette nécessaire difficulté – le foisonnement des personnages et la complexité des enjeux qu'ils suscitent étant essentiels à la marche du récit – je me suis littéralement laissé prendre au jeu. Je n'ai pas eu l'impression de lire une resucée de tous ces ouvrages de Fantasy auxquels je n'adhère plus depuis un moment déjà. Je ne vais pas refaire ici l'historique des griefs que je rencontre à l'égard du genre, je crois l'avoir déjà fait presque à chaque fois que j'ai parlé d'un ouvrage lui appartenant. Dans le Trône de Fer, point ou peu de magie, nul besoin de manichéisme forcené pour parvenir à captiver le lecteur. C'est le cœur des hommes - avec son lot de complots, de traîtrises, de courage, de couardise, d'amour, de veulerie et de complexité - qui fait battre celui de cette histoire où rien n'est jamais simple ni tranché.

L'étendue du Trône de Fer est encore vaste, il me reste pas mal de contrées à visiter, de personnages à rencontrer et d'aventures à suivre mais d'une certaine façon, j'ai déjà l'impression que George R.R. Martin a démontré qu'il est possible d'écrire une longue, très longue série, de Fantasy qui plus est, sans jamais lasser son lecteur. Dans tous les cas, on sera amené à en reparler.

CITRIQ

28/07/2009

Le Chevalier errant suivi de l'Epée Lige / George R.R. Martin

Oui, je sais, je sais, je sais. Il n'y a pas si longtemps, j'ai dit ceci : "le bavardage et l'artillerie descriptive en Fantasy me portent à croire que cette littérature n'est décidément plus pour moi."

Et puis cela, plus tard : "tout simplement, je crois ne plus être sensible à l'univers médiéval, aux batailles, à l'aspect stratégico-politique qui touchent à ce genre d'ouvrages."

Cependant, j'avais aussi dit ça : "mais je sais aussi qu'il suffira d'une belle couverture (quand ce ne sera pas la quatrième) ou que je succombe au discours passionné d'un lecteur persuasif pour que j'y remette un coup d'oeil."

Ça n'a pas loupé. En voyant la couverture du Prélude au Trône de Fer, une petite pincée de nostalgie m'a étreint. Des chevaliers en armure, pensez donc ! Ça a de quoi éveiller vos souvenirs de films moyenâgeux, de combats épiques, de tournois où celui qu'on croyait battu à plate couture se ressaisissait (enfin!), se relevait d'un coude, la tête pleine de boue, apercevait son adversaire, un fourbe de la première heure, lequel venait de se tourner, les bras levés, vers une foule en émoi et une princesse déconfite. Vous connaissez la suite, non ? De la force à revendre quand on le croyait au trente-sixième dessous, et l'heure de la raclée a sonné. Du Rocky Balboa à la sauce médiévale, si vous voulez, une recette qui avait fonctionné en son temps.

Il y a donc eu cette réminiscence à laquelle se sont greffés les propos unanimement élogieux autour du Trône de Fer. Le roman étant assez court, je me suis dit que ce serait une bonne manière d'avoir un aperçu de l'univers créé par George R.R.Martin, sans pour cela me lancer d'emblée dans un cycle à rallonge.

En règle générale, je vois d'un mauvais œil les parutions fonds de tiroir que les éditeurs balancent en librairie une fois qu'une série a connu le succès : prélude à, l'aube de, préquelle à... Comme si, d'une certaine manière, on allait éditer un bouquin avec deux ou trois novellas en attendant les épisodes suivants qui tardent à venir. Des a priori pas toujours justifiés.

Une fois balayé celui concernant cet ouvrage, dont les titres qui le composent étaient déjà parus dans les anthologies de nouvelles réalisées par Robert Silverberg, la surprise était au rendez-vous. George R.R. Martin a du style, de l'expérience aussi, cela se sent. Très vite, on se retrouve emporté dans son univers où action, humour et personnages forts forment un mélange détonnant. Pas besoin de dons, de pouvoirs ou de magie à tous crins pour cela, et c'est tant mieux. Pour un peu, on serait enclin à penser que l'auteur fait figure d'extra-terrestre dans le paysage de la Fantasy.

Voilà, il ne me reste donc plus qu'à tremper le premier orteil dans cet océan de mots qu'est Le Trône de Fer.

Le chevalier errant suivi de l'Epée Lige / George R.R. Martin, traduit de l'américain par Paul Benita et Jean Sola, Pygmalion, 269 p.

04/02/2009

Acacia. Tome 1, La Guerre du Mein / David Anthony Durham

Le royaume d'Acacia, gouverné par la famille Akaran depuis plusieurs générations, vit de sombres jours. Une attaque de grande envergure visant à le renverser est sur le point de se produire, sans que quiconque ne s'en aperçoive. Les Mein ont tout fait pour que rien ne filtre jusqu'au roi Leodan. L'heure de mettre fin au joug de la lignée Akaran a enfin sonné. Car le royaume d'Acacia, aussi florissant qu'il puisse paraître, ne tire pas sa gloire et son rayonnement dans sa capacité à fédérer les peuples ni de ses valeurs. Depuis des siècles il permet en effet le trafic d'enfants en contrepartie d'une drogue dont les Acacians sont devenus dépendants. Cette pratique, le roi Leodan était prêt à l'éradiquer mais les forces en jeu sont bien trop complexes pour y parvenir facilement. Et le temps a fini par jouer contre lui. L'assassinat dont il est victime ne lui permettra pas d'arriver à ses fins. Néanmoins, dans l'éventualité d'un tel scénario, Leodan avait prévu de séparer ses enfants pour leur assurer la survie et favoriser leur retour pour, qui sait, rétablir un ordre nouveau, plus humain.

C'est vrai que cet ouvrage avait tout pour plaire : un effet « buzz » pas mal ficelé, des critiques élogieuses qui appuyaient sur le fait que non, nous n'étions pas dans une histoire aux clichés retentissants, que l'écriture était agréable... De quoi redonner envie de lire de la fantasy à celui qui aurait subi des déceptions à répétition quand il s'agissait de renouer avec le genre.

Mais...non.

L'histoire est assez prenante dès le début, c'est vrai, on se plaît à ne pas retrouver cette lutte archi-manichéenne dont on connaît à l'avance les tenants et les aboutissants avant d'avoir tout lu. Les enfants du roi Leodan sont attachants dans ce qu'ils offrent de diversité et de profondeur. Mais j'avoue avoir été désarçonné par la longueur de l'ouvrage, et, surtout, par le nombre de points de vues narratifs adoptés qui s'imposent par la force des choses: les enfants exposés tour à tour, Hanish Mein, l'intendant du roi, sans parler de tous les autres protagonistes qui s'inscrivent dans cette histoire. Pas de quoi en perdre son latin pour autant, mais ce processus pourra en gêner certains.

Et puis, tout simplement, je crois ne plus être sensible à l'univers médiéval, aux batailles, à l'aspect stratégico-politique qui touchent à ce genre d'ouvrages.
En revanche, pour ceux qui apprécient vraiment la Fantasy, je ne doute pas qu'ils trouveront en Acacia, un livre prenant et bien fait. Ce fut par exemple le cas de Sandrine Brugot-Maillard et de Bruno Para.

28/01/2009

L'Epouvanteur. Tome 1, L'apprenti épouvanteur / Samuel Delaney ; texte lu par Thierry Wermuth

Tom est le septième fils d'un septième fils. A ce titre, il est tout destiné à devenir épouvanteur dont la lourde charge est de protéger les populations des malédictions qui les frappent, des gobelins,des spectres et autres sorcières aux intentions malfaisantes. Sa mère a tout fait pour que les pouvoirs inhérents à son rang familial, ses perceptions exacerbées, soient utilisées dans ce sens. Et effectivement, quand l'âge vient pour lui d'apprendre un métier, le voilà obligé de quitter la ferme de ses parents pour aller vivre avec Maître Grégory où, en lieu et place d'initiation l'attendent la plus effroyable des aventures.

Dans la série lecture à haute-voix dont vous trouverez le premier épisode ici, avec cette expérience avortée autour de Skully Fourbery, nous avons une fois de plus décidé de ne plus nous disputer le programme télé (pour la forme bien sûr puisque je ne la regarde pratiquement plus). Cette fois-ci, nous nous sommes fiés à une autre voix, celle de Thierry Wermuth, servie par une musique de Rémi Chaurand et Gilles Relisieux. Bien nous en a pris.

Ce qui nous a frappé d'emblée, c'est la manière dont cette voix s'est mise au service du texte, a donné tout son relief au style de l'auteur. J'avais déjà eu l'occasion d'entendre d'autres livres enregistrés auparavant où la lecture à voix haute en révélait sa pauvreté. Et dans ces cas là, ça ne loupait pas, le petit bouton avec un carré représenté dessus faisait des appels au doigt déjà démangé.

Là, non, Thierry Wermuth sert le récit sur toute sa longueur, donne de la consistance à chacun des protagonistes. De variations infimes en minimes inflexions, les personnages sont aussitôt identifiables, quelles que soient leurs intentions, leurs humeurs, ou même leur sexe. C'est d'ailleurs si subtil que l’effet en est surprenant.

Conséquence directe, nous prenions plaisir à écouter le disque lors de nos déplacements en voiture, exécutant un rapide résumé pour savoir où nous en étions restés la fois précédente. L'histoire lancée, nous n'étions plus dans un habitacle métallique mais tantôt dans une maison hantée, tantôt dans un trou habité par un spectre, ou encore dans la ferme parentale où les souvenirs affluaient irrémédiablement. Oui, on a fait un bon petit bout de chemin avec Tom tout en prenant plaisir à l’accompagner dans son parcours initiatique à nul autre pareil. Parfois, j’avoue même qu’à l’occasion de certaines sorties préméd…(mot impossible à effacer entièrement), j’avais pris un peu d’avance.
Ben quoi, fallait bien que je vous en parle !

20/05/2008

Le Dernier souffle. Tome 2, Le Sang / Fiona McIntosh

Je serai bref. Le Sang a fait les frais de ma lecture précédente. D'entrée de jeu, par une comparaison fortuite, le style m'a paru fade et insipide. Sans compter cet aspect mièvre et stéréotypé des considérations sentimentales que j'avais évoqué pour le premier volume. L'envie de connaître le sort de Wyl et ses comparses s'est envolé et étiolé au dessus de ma tête. Pour tout dire, sans réel regret.
Nota bene : le bavardage et l'artillerie descriptive en Fantasy me portent à croire que cette littérature n'est décidément plus pour moi. Je dis ça, je dis ça... ça m'exaspère de ne plus y trouver de réel plaisir, de ne pas être emporté par un souffle original et prenant de bout en bout. Mais je sais aussi qu'il suffira d'une belle couverture (quand ce ne sera pas la quatrième) ou que je succombe au discours passionné d'un lecteur persuasif pour que j'y remette un coup d'oeil, pour commencer. Mais pour le moment, niet, je fais mon overdose.

06/05/2008

Le Dernier souffle. Tome 1, Le Don / Fiona McIntosh


A la mort de son père, c'est la tradition dans la contrée de Morgravia, l'héritier de la famille Thirsk doit assumer le rôle de commandant en chef des armées. Le jeune Wyl s'en affranchit de manière honorable mais ses relations avec le Prince Celimus, roi cruel en devenir, sont des plus conflictuelles. La volonté de ce dernier d'humilier Wyl le pousse à l'emmener assister à la torture d'une sorcière avant qu'on ne l'achève au bûcher. C'est à cette occasion, suite à un geste de bonté envers la condamnée que Wyl se verra octroyer un don à double tranchant.

La lecture du Don achevée, une question se pose d'emblée : que s'est-il passé ? Pourquoi du chapitre 29 au chapitre 37 (environ 80 pages, à un quart de la fin) se retrouve-t-on tout à coup dans une baignoire de clichés sirupeux et d'incohérences notoires ? Cette dichotomie est si flagrante que l'on en vient à croire que deux écrivains se sont succédés temporairement à l'occasion de la rédaction de l'ouvrage. Une chose est sûre, Fiona McIntosh n'est pas à l'aise avec les scènes sentimentales. Vous voulez du mièvre meringué, en voici ! :

"Une brise légère apportait l'odeur de la menthe et du basilic, emplissant l'air doux du soir d'une subtile fragrance. Wyl adorait cette lumière incomparable produite par la rencontre du rideau sombre de la nuit et des derniers feux du couchant. Wyl savait qu'il associerait désormais à jamais la reine de Briavel au parfum des herbes et de la lavande."

"Son corsage était très décolleté. Elle était magnifique."

"Leurs lèvres restèrent unies de longs moments. Les criquets se turent et le crépuscule devint nuit noire. L'amour lui avait parlé cette nuit-là. La flèche de l'amour m'a touchée, songea-t-elle en se rappelant les mots qu'il avait eus plus tôt. Valentyna savait en cet instant qu'il n'y aurait jamais dans sa vie d'autre homme que celui qu'elle tenait dans ses bras."

Autre aspect plus gênant, les grosses ficelles. Lors d'une fuite, Wyl informe ses compagnons d'infortune qu'il sait, qu'on ne lui demande pas comment, que l'un de ses proches est mort. La magie a opéré. On y croit aussi, forcément. Mais non, quelques pages plus loin, cette certitude viscérale est contrebalancée par Wyl lui-même. Hé oui, le proche en question n'a pas rendu le dernier soupir. Très vite, on réalise que cet effet d'annonce maladroit n'avait que pour objet de permettre au héros d'avouer la nature de son don.

En un temps de pages record, Wyl et ses amis subissent l'attaque de créatures aux dents aussi longues que des couteaux. A leur approche, ils ne trouvent rien de mieux que de discuter des relations de l'un avec son souverain. Invraisemblable.

Effectivement, vu sous cet angle unique, cela ne donne pas très envie de lire le Don. Ce serait une erreur. Car hormis ces quelques écarts, ô combien irritants, le bouquin est vraiment de bonne tenue et les particularités du don ouvrent des possibilités narratives vraiment intéressantes que l'on n'a pas fini d'explorer.Car l'autre écrivain captive, tient le lecteur en haleine en nous offrant des personnages attachants (si,si!), tout en nuances, loin d'être aussi manichéens que ce qu'on a l'habitude de voir en Fantasy.

L'ouverture à la fin du tome invite véritablement à la lecture de la suite, en espérant que les travers évoqués ci-dessus ne soient pas de la partie cette fois-ci. On n'est pas loin de croire cette accroche de Robin Hobb en 4ème de couverture qui dit : "Ne commencez pas à lire Le Don le soir, surtout si vous devez vous lever tôt le lendemain matin!" Ce n'est pas loin d'être vrai, il faut le reconnaître...

09/01/2008

La Guilde des Magiciens / Trudi Canavan

C'est avec appréhension que je me suis lancé dans la lecture de ce livre. Pourquoi de l'appréhension? Tout simplement parce que cela faisait longtemps que je n'étais pas retourné vers la fantasy. La raison en est bien simple: lassitude, certainement (après avoir lu Tolkien, Eddings, Feist...) mais aussi l'impression de ne rien dégoter de vraiment original dans la production éditoriale, malgré le travail excellent de certains éditeurs. J'avais bien commencé quelques bouquins qu'on présentait comme incontournables (de Robin Hobb et de Goodkind par exemple) mais franchement, mes capteurs sensoriels n'y trouvaient pas leur compte. Alors pourquoi retenter le coup avec ce premier tome de la trilogie du magicien noir, me direz-vous? Le titre n'est pas bien original (c'est un fait!), on y devine un soupçon de manichéisme (encore un magicien noir ! Quand ce n'est pas un homme, c'est un magicien, ben voyons!). Alors, quoi ? Deux choses: mon adolescente fascination pour la couverture (eh, oui, affligeant, hein, mais j'assume...) et puis l'histoire, bien sûr.
Chaque année, selon une absurde tradition, les magiciens D'Irmadin sillonnent les rues de la ville pour en nettoyer les indésirables. Protégés par un bouclier magique, ils agissent sans crainte de représailles. C'est compter sans l'apparition d'une jeune fille, Sonea, qui, poussée par la colère, leur lance une pierre qui...pénètre le bouclier. Ce que redoutaient les magiciens depuis longtemps se produit: une magicienne qui s'ignore est en liberté. Il leur faut à tout prix la retrouver avant que son pouvoir ne se développe et, incontrôlé, ne la détruise elle-même.
Voilà. Une lecture facile, fluide mais avec tout de même des éléments gênants. La première partie, la fuite de Sonea, est à mon goût trop longue et répétitive. Par ailleurs, j'ai eu bien du mal à me représenter la ville elle-même, ses souterrains, pourtant au centre de l'action et lieu unique du roman, avec le domaine de la Guilde des Magiciens.
Autres petites déceptions : certains personnages n'ont pas de réelle dimension, à la limite de la platitude et le côté "ado" des jeunes vagabonds est trop prononcé, voire irréaliste, quand l'auteur nous les présente comme des êtres ayant grandis trop vite, confrontés à la dureté de leur milieu.

Cependant, la deuxième partie s'écoule beaucoup mieux, avec l'esquisse d'une intrigue qui donne envie de lire la suite, ce qui n'est déjà pas si mal.

Tout compte fait, j'aurais à nouveau lu un bouquin de Fantasy et j'entame le second sous peu, par curiosité...