Affichage des articles dont le libellé est ananon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ananon. Afficher tous les articles

24/09/2008

Malavita encore / Tonino Benacquista


se foutre des consignes comme de sa première ligne de coke... ne (surtout) pas s'embarrasser de scrupules... se vautrer en quasi permanence sur un transat au bord d'une piscine chauffée... torturer grossièrement son garde-du-corps-fin-et-lettré... éviter la perte de poids par une alimentation chic et riche et (le plus souvent possible) chère... pratiquer un farniente* de pointe au frais de la princesse america*... bref, le quotidien de gianni manzoni, alias fred wayne, alias lazlo pryor, mafioso* repenti et planqué en france par le gouvernement américain, n'est, a priori, pas des plus éreintant... tss, tss, ais-je envie de dire, apparences que tout ceci. en réalité, les jours et les nuits de notre ami sont traversées par d'infinies angoisses, de sombres doutes, de tortueux questionnements, ces souffrances communes à nombre de pères de famille (ici, entendre ce terme dans plusieurs sens n'est pas une erreur d'appréciation) démissionnaires, maris délaissés par des femmes soudainement soucieuses d'émancipation, italiens bon teint farouchement attachés à l'indépendance du commerce de proximité...
bon. je l'admets, j'ai une fâcheuse tendance à nourrir une douteuse tendresse pour les mafiosi* dépressifs (ce qui, en passant, me laisse perplexe sur mon degré d'intégrité morale). mais quand bien même ces gens vous rebuteraient (au point de tout ignorer du pourtant incontournable tony soprano, par exemple), commettez donc l'écart de vous plonger dans malavita encore. juste pour la franche rigolade, tiens, pourquoi pas ? c'est bon de rire parfois (me chantonnent les nuls, inopportunément, je l'admets aussi, dans le creux de l'oreille)...
... et pour finir, une petite pensée pour l'agent du fbi chargé de l'organisation de cette planque dorée depuis 10 ans, l'inénarrable agent tom quint ! et excusez l'avalanche d'adjectif... je ne sais pas ce qui m'a pris... la salsa que j'écoute en boucle depuis mon réveil peut-être... (quel rapport, me direz-vous ? hé bien, aucun vous dirais-je... (mais cessons là ces parenthèses, on dirait du philippe jaenada !))


nota bene : les mots en italique suivi d'une astérisque sont en italien dans le texte
post sriptum : nota bene est un mot latin, et non italien, comme post scriptum d'ailleurs (me sussure l'homme-fin-et-lettré-qui-garde-mon-corps (mais je ne m'avancerai pas plus loin sur cette pente glissante, don't care))

19/05/2008

La peau froide / Albert Sanchez Pinol

précisions syntaxiques (pour les puristes, dont je fais partie (mais en tant que moineau sans cervelle et bien élevé, je me suis retenue de démonter le clavier de mon ordinateur pour récupérer ces petits signes diacritiques qui font toute la saveur de la langue espagnole)) : il y un accent aigu sur le a de sanchez et une tilde sur le n de pinol...
en règle général, j'ai du mal avec les prescriptions, peu importe d'où elles émanent (les seuls écarts sont en faveur des romans offerts ; c'est comme ça que je me suis retrouvée plongée dans l'histoire de pi de yann martel, cadeau d'un ami bibliothécaire, grand prescripteur, sur le web et ailleurs ; mais cessons là cette parenthèse...). donc, je n'aime pas les prescriptions, conseils, injonctions à lire. d'autre part, je n'aime pas non plus les romans fantastiques, de science-fiction, d'anticipation, etc. (mais j'aime beaucoup les parenthèses, au contraire de l'ami biblioman(u) qui doit se ronger les ongles d'irritation à la vue de tous ces petits sourires verticaux) la peau froide est tout à la fois une prescription et un roman fantastique. deux handicaps d'avance ! mais j'ai fait ma bonne fille. et j'en suis bien aise. mêlant aventure, suspense et fantastique, monsieur sanchez pinol nous emmène sur un îlot perdu de l'atlantique sud, là où le narrateur est censé passer un an tranquille-pépère à lire, écrire, réfléchir et, accessoirement, faire des relevés météo. sauf que.... ça va pas le faire. et je ne vous dirais pas pourquoi. et je vous enjoindrais à ne pas lire la quat' de couv' (très bien faite, néanmoins, pour les amateurs de quat' de couv') qui révèle ce qui est plus ou moins à l'origine de la frousse. la frousse. la trouille. le flip total. la peur bleue. ici, dans l'île, les ténèbres sont parfaites, les protagonistes bien seuls, les armes trop ou pas assez efficaces ; aussi, l'ennemi est mal défini, le temps si étiré, la vérité tellement ailleurs... et , dans tout cet inconfort, noyé dans des vagues d'angoisse, l'on se prend à appeler la délivrance de la fin. que l'on regrette de voir arriver si vite.
mais le sieur sanchez pinol a d'autres atouts en manche puisque la peau froide est le premier mouvement d'une trilogie (les trois ouvrages restant néanmoins autonomes) et que le deuxième, pandore au congo, est déjà disponible. sur ce.

13/05/2008

Nouvelles du Wyoming / Annie Proulx

bon. il y a eu brokeback mountain (prononcez brokeback mountain). il y a eu moi dénichant la nouvelle " source " dans le recueil les pieds dans la boue. il y a eu big bang, feu d'artifice, impossibilité de me détacher de ces cow-boys complètement branques, de ces ploucs rêveurs, bêtes à manger du foin ou tordus comme les blés sous le vent... alors, j'ai continué, annie proulx, ses éléveurs, ses déserts et leur caillasse, ses fermes, ses tempêtes bleues et blanches, ses pauvres types, ses perdants magnifiques... jusqu'à nouvelles du wyoming, l'opus 2007 du (de la) chantre des temps qui changent... il y a le vieux qui prend son bain dans un tub supendu au-dessus d'un feu, mirage anthropophage. il y a ce garde-chasse qui ne supporte pas, mais vraiment pas, les braconniers à qui le hasard donne un moyen, je dirais maléfique, de s'en débarrasser. il y a de fieffés soiffards et une poignée de chiens galeux... et toujours cette écriture brute. du grand art (et quelques cochons).