13/04/2009

Le Jour où j'ai tué mon père / Mario Sabino

Lorsque mon ami, BiblioMan(u), m'a présenté les parutions à venir, des éditions Métailié, collection "Noir", allez savoir pourquoi, j'ai choisi Le jour où j'ai tué mon père du brésilien Mario Sabino.
Sans raison particulière, autre que ce titre qui m'a parlé. Qui a hurlé même.
Un peu à la manière dont j'avais choisi à la bibliothèque municipale, à 14 ans, et en cachette (c'est du moins ce que je croyais), "Quand j'avais 5 ans je m'ai tué" de Howard Butten.
Des titres ambigus, qui mettent mal à l'aise, parce qu'ils parlent d'interdit ou de tabou.
Et c'est bien cela que j'ai trouvé dans l'extraordinaire roman noir de Sabino.

Antonimo est enfermé. Où ? Je ne sais pas.
Et il dialogue. Avec qui ? Je ne sais pas non plus. A moins que ce ne soit avec moi.
Et puis, je comprends, que c'est avec une psychanalyste qu'il dialogue. Et qu'il est probablement enfermé dans un hôpital psychiatrique, à moins qu'il ne soit en prison.
Antonimo a tué son père.

Je n'ai pas d'histoire à vous esquisser pour vous donner envie de lire "Le jour où j'ai tué mon père".
Ici tout est psychologique, ou de l'ordre de l'idée et du ressenti.
Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que je n'avais pas lu, depuis belle lurette, un roman aussi noir.
Un roman sous lequel gronde et grouille plus de deux mille années d'humanité, de philosophie, de religion, de psychanalyse.
Les questions soulevées sans cesse par Antonimo, m'ont plongé dans un profond mal-être, dans une gêne que j'aurais ici bien du mal à vous expliquer.
Peut être parce qu'elles ne m'ont pas laissé indifférente.
Tout se croise dans ce puzzle, tout et tout le monde. Les mythes, les penseurs, les écrivains, la réalité et la fiction, les dieux, les hommes, les femmes, les pères de sang, les pères de cœur, les mères biologiques et celles que l'on adopte plus tard.
Le tout dans une force, une finesse et une intelligence rares qui font de ce roman à la lecture pas forcément toujours facile, un chef-d'œuvre en son genre.

Vous avez envie d'être bousculé par un auteur brillant, vous vous êtes toujours posé des questions sur le sens de tout ? Vous êtes prêts à vous laisser envahir par la gêne, la nausée provoquée par les questions qui font comme les cailloux que l'on jette dans les eaux calmes, des ronds concentriques ? Vous êtes prêts à marcher avec un caillou dans vos baskets le temps de la lecture du roman de Sabino ? Alors n'hésitez plus. Vous êtes prêts pour affronter l'existentialisme de Le jour où j'ai tué mon père.


04/04/2009

La Guerre spéciale / Xavier Mauméjean

Il semble dorénavant inévitable de lire un Space Opera de veine militariste sans le rapprocher des deux œuvres maîtresses du genre : Etoiles, garde à vous ! de Robert A. Heinlein et La Guerre éternelle de Joe Haldeman. C'était déjà le cas ici avec le Vieil homme et la guerre de John Scalzi, et ça l'est à nouveau avec La Guerre Spéciale de Xavier Mauméjean. Le rapprochement est clairement affiché pour ce dernier puisque l'ouvrage est dédié aux deux auteurs référence. Ce qui n'est pas sans surprendre quand on sait les points du vue, politiques entres autres, qui séparaient Heinlein et Haldeman. A ce propos, il est troublant de constater que la question du militarisme et du patriotisme outranciers dont faisait montre Heinlein est toujours aussi controversée - le film adapté Starship troopers n'a en tout cas pas permis d'y voir plus clair. Donc, si un spécialiste sur la question passe par ici, qu'il n'hésite pas à se manifester.

Mais aujourd'hui, c'est de la Guerre spéciale dont je voulais parler. Dont acte.
Des années après avoir acquis son indépendance aux dépens de la Terre, suite à un conflit meurtrier, la Confédération est l'objet d'une menace, non identifiée cette fois-ci. A bord d'un vaisseau de l'armée, un militaire dont le patriotisme, la valeur et le courage n'étaient plus à prouver, est en effet parvenu à éliminer l'ensemble de son équipage avant de mettre fin à ses jours.
Aussitôt, la Confédération s'inquiète. La Terre, avide de revanche, aurait-elle mis au point une nouvelle arme capable de contrôler les esprits ? Ou bien des extra-terrestres sont-ils à l'origine de cette nouvelle menace ?
Les faits sont suffisamment inquiétants pour enclencher le programme "Guerre spéciale". La réussite de ce programme dépend de l'enrôlement de jeunes soldats dont on espère qu'ils portent en eux les germes de pouvoirs mentaux hors normes.

Je n'avais pas vraiment été séduit par le seul ouvrage que j'avais lu de l'auteur, La Ligue des héros ou comme Lord Kraven n'a pas sauvé l'Empire. Je ne l'ai pas été plus par La Guerre spéciale. Autant le premier m'avait ennuyé par ses côtés brouillon et longuet, autant le second m'a produit la même impression par son aspect impersonnel et glacé. Les trois jeunes autour desquels s'articule le récit me sont apparus déshumanisés et, froid, oui, comme s'ils étaient au service de l'histoire, celle-ci n'évoluant alors que sur une patte, l'inverse n'étant pas de mise. Du coup, le lecteur que je suis ne s'est jamais vraiment intéressé à leur sort, et la révélation finale m'a provoqué autant d'effet que la lecture de l'Ours du N°3089 de Télérama.

En ce sens, je serais du même avis que Bruno Para à propos de ce livre, à savoir que ceux ayant lu les ouvrages de Heinlein et Haldeman n'y trouveront pas leur compte. Pour les autres, cela reste à voir. Pourquoi pas ?
CITRIQ La Guerre spéciale, Xavier Mauméjean, Mango (Autres Mondes), 201 p.

19/03/2009

La Fille de nulle part / Fredric Brown

Quand les livres vous tombent des mains les uns après les autres, quand, pourtant doté d'une volonté sans faille, vos yeux se ferment sur des pages insipides, quand vous râlez, pestez, fustigez contre ces livres aux clichés racoleurs, contre ces livres nombrilistes, gnangnans, mal traduits, coquillifiés, et que sais-je encore, dans ces moments là, donc, rien ne vaut un bon vieux Fredric Brown pour pallier à ce qui n'est, peut-être, qu'une baisse de régime de votre part.

Alors après cette première phrase un peu longue qui vous a à peine laissé le temps de respirer, je me propose de vous parler de ce livre ébouriffant, La Fille de nulle part.

George Weaver se remet difficilement d'une dépression l'ayant obligé à cesser temporairement son activité d'agent immobilier. Il s'est retiré à Taos, une petite bourgade du Nouveau-Mexique. Seul. Ses filles sont en colonie de vacances et son épouse, Vi, ne devrait pas tarder à le rejoindre. George n'est guère enchanté à cette perspective. Il n'aime pas cette femme séduite à la va-vite dont la principale occupation est d'écouter des feuilletons radiophonique à l'eau de rose, avachie dans un canapé avec sa bouteille de Whisky. Oui, George préfèrerait rester seul. D'autant que sur les conseils d'un ami, il vient de louer une maison dans laquelle a eu lieu le meurtre énigmatique d'une jeune femme, huit ans plus tôt. Une affaire à laquelle George s'intéresse de plus en plus, jusqu'à se piquer au jeu de l'enquête.

A la lecture d'un polar, on a l'habitude d'échafauder des hypothèses, d'anticiper sur l'investigation à mesure que les indices se dévoilent. Là, on a beau faire, Fredric Brown, en artiste virtuose, ne laisse rien filtrer. Il maintient le lecteur dans une brume mystérieuse tout au long du récit jusqu'au dénouement, jusqu'à cette chute mémorable, magistrale. (Parenthèse presque rituelle : il est tout de même dommage, une fois de plus, que la quatrième de couverture - quand ce n'est pas la couverture elle-même pour ce qui est des éditions de la Découverte - donne des pistes qu'il aurait mieux valu tenir secrètes.)

Ecrit en 1951, La Fille de nulle part, fait partie de ces livres qu'on a envie de faire passer de mains en mains, de conseiller à tout va, parce que des histoires de cette trempe là, de cette tenue, aussi efficace qu'enthousiasmante, on a tout simplement l'impression d'en lire de moins en moins.

Alors si vous êtes en panne de lecture, que ce petit frisson à même de vous laisser pantois et tout ébaubi vous manque, vous savez ce qui vous reste à lire.

La Fille de nulle part, Fredric Brown, traduit de l'américain par Gérard de Chergé, Rivages (Rivages noir), 256p.

09/03/2009

Eifelheim / Michael Flynn

Pour continuer dans la comparaison culinaire comme je le fais parfois, voici avec Eifelheim un livre à ranger dans la catégorie des soufflés. De ceux qui, malheureusement, se ratatinent lorsque l'envie nous prend d'ausculter leur sommet afin de s'assurer de leur bonne tenue. Peut-être aurais-je dû attendre avant de procéder de la sorte, mais le mélange n'a pas pris. Ce doit être la faute à mon cerveau/four car je sais que certains l'ont apprécié aux petits oignons, comme ici ou , par exemple.

La préparation s'annonçait pourtant sous les meilleures augures, la levée s'étant faite de façon magistrale - n'ayons pas peur des mots - avec l'immersion dans une petite ville de l'allemagne médiévale, au XIVème siècle, dont la tranquilité se voit perturbée par l'avarie d'un vaisseau d'extra-terrestres aux allures de sauterelles. Parrallèlement le lecteur suit, de nos jours, les recherches d'un historien et de sa compagne physicienne, autour du mystère qui entoure la disparition de cette ville, jamais reconstruite.

La lecture s'est avérée passionnante, un temps du moins, avec cette rencontre du troisième type orchestrée sous le point de vue d'un prêtre érudit. Elle mettait l'éclairage sur "la relativité culturelle" annoncée sur la quatrième de couverture : religion, technique, technologie, la place de l'homme dans l'univers, le sens de la vie, le passage du temps... Autant de considérations et d'approches poussant à la réflexion, à laquelle je ne me suis pas forcé pour m'y prêter.

Mais voilà, j'attendais aussi autre chose de cette histoire dont le postulat de départ ouvrait la voie à de multiples possibilités. Un peu plus d'action n'aurait pas été malvenue, ainsi que des rebondissements, des révélations (pas besoin de tomber dans le sensationnalisme pour autant). Sans parvenir à mettre le doigt dessus, les extra-terrestres ne m'ont pas tellement convaincus non plus. Il leur manquait un je ne sais quoi de je ne sais quoi. Dur quand on ne trouve pas les mots...
De ce point de vue là, le livre n'a pas comblé mes attentes. Le potentiel était là, pas la surprise.

Alors tout cela s'est peut-être révélé par la suite, mais le moment est venu où je me forçais pour le lire. Et là, non merci, je préfère changer de recette. Mais je l'aurai un jour mon chef d'oeuvre de SF, je l'aurai...
CITRIQ
Eifelheim, Michael Flynn, traduit de l'américain par Jean-Daniel Brèque, Robert Laffont (Ailleurs et Demain), 525 p.

01/03/2009

Le Poulpe. Saint-Pierre et nuque longue / Serge Scotto

Après le brusque arrêt de la série du Poulpe en 2005 avec Poulpe Fiction, on croyait le personnage passé aux oubliettes de la littérature populaire. 250 numéros, autant de titres jeux de mots, les inénarrables et savoureuses couvertures de Miles Hyman, Gabriel Lecouvreur alias le Poulpe, Chéryl, Gérard, Vlad, Maria, le Pied de Porc à la Sainte-Scolasse, la bière, le Polykarpov à l'envol incertain ; à chaque épisode un auteur différent (ou presque), un film, des personnages, des lieux que beaucoup ont suivi avec un plaisir non dissimulé. Voir le Poulpe ruer dans les brancards, taper dans le fait divers, redresser les torts, s'indigner, râler, castagner, draguer, mentir, sauter dans l'action sans parachute, sans crainte du lendemain, c'était un peu comme l'accompagner dans une quête sans fin, sans fin parce que le monde est ainsi fait qu'un seul homme ne peut venir à bout de toutes les injustices ni, surtout, de tous ces salops qui poussent tels des champignons, et qui ont la fâcheuse tendance de polluer le quotidien des uns puis des autres, tout en profitant d'un système acquis à leur cause.

Alors on ne va pas non plus faire du sentimentalisme au point de sortir les mouchoirs, mais quand même, quand le Poulpe avait pris sa retraite éditoriale, il a laissé comme un vide. Finis les virées, les prises de bec, les hauts et les bas, le sexe et le bagout qui faisaient le charme du Poulpe. Finis aussi les repas passés en silence à la recherche d'un titre qu'on s'imaginait déjà écrire ou soumettre aux éditions Baleine. Et puis, pour être honnête, Gabriel devenait difficile à suivre dans sa quête effrénée : trop de parutions chaque mois, des auteurs avec lesquels il était parfois difficile d'accrocher, même si c'était après tout dans cette diversité qu'on pouvait y trouver un intérêt certain.

Fin de la rétrospection, passons au Poulpe revenu. Pas toujours des plus gais le bonhomme! Il a dépassé la quarantaine en 2000 et ça se sent. A croire que sa mise à l'écart l'a quelque peu ébranlé aussi. Le doute l'étreint, le sens de la vie, tout ça, forcément, ça le rattrappe. C'était le cas pour le 251ème, L'Appel du Barge de Lalie Walker ou La Ballade des perdus de Jean-Marc Ligny. Mais avec Saint-Pierre et nuque longue, on retrouve le Poulpe des grands jours, à la première personne - un signe de reprise en main -, rattrapé par son passé en la personne de Sabrina, un amour de jeunesse dont le frère vient de mourir dans d'étranges circonstances. Rien de bien original dans cette intrigue dont on connaît d'entrée les tenants et les aboutissants. Mais, à la rigueur, ce n'est pas le plus important. L'important, finalement, c'est de se rendre compte qu'on s'est laissé prendre par cette langue que Serge Scotto distille avec un plaisir évident. Ce Poulpe n'est pas pour lui l'opportunité de se livrer à un exercice de style, mais de renouer avec la simple délectation de raconter une histoire et de donner la part belle à la ville de Marseille, de nous faire toucher du doigt des personnages forcément délicieux, de nous dire que "dans les moments d'émotion, [il a] tendance à [se] répéter. Ça ne se fait guère en littérature, mais dans la réalité on s'en fout.", et de nous rappeler qu'il a écrit un bouquin pas mal du tout - Nous serons les rois de Marseille - avec trois points de suspension aux clins d'yeux multiples, le titre étant épuisé à ce jour...

C'est drôle, enjoué, grave aussi et humain. A l'image d'un Poulpe qui fait plaisir de voir revenir.

25/02/2009

Naissance d'un cadavre

Et voilà ! Je n'ai pas maintenu le cap que je m'étais fixé en me lançant dans ce blog. A savoir ne parler que des livres que j'aurais lu, évoquer mes impressions de lecture, donner la parole aux auteurs... Mais j'ai failli. J'ai été obligé d'effectuer un atterrissage forcé dans une contrée inconnue à vous donner froid dans le dos... A ce que j'ai compris, il y est aussi question de littérature mais je serais bien en peine de vous dire ce qu'il en est exactement. En me relevant de cette chute éprouvante, j'ai trouvé un billet à terre susceptible de me mettre sur la voie. Peut-être serez-vous à même d'y voir plus clair que moi, qui suis encore déboussolé. Je vous livre le message tel qu'il m'est apparu:


La Médiathèque André Malraux est heureuse de vous faire part
de la naissance de son premier
CADAVRE EXQUIS.

Mais le nouveau-né ne pèse encore que trois misérables épisodes
et demande à être alimenté de toute urgence sous peine
de voir sa
– courte – vie remise en cause.

Cela se passe sur le port
ail de la MAM :
http://www.mediatheque-beziers-agglo.org


et la date limite de retour de l'épisode 4 est
le
mardi 10 mars 2009 9h59
à l'adresse suivante :
cadavreexquis@beziers-agglo.org


Si le cœur vous en dit, lancez vous dans l'aventure ! A ce que j'ai compris, tout le monde (!) peut faire en sorte que ce cadavre grandisse et... prenne du poids. En ce qui me concerne, il me reste de la route à faire pour retrouver ma chronique à venir. Mais j'ai bon espoir. Je crois avoir retrouvé le chemin.


20/02/2009

Quelques questions à... Grégoire Hervier

Rassurez-vous ! Tous les commentaires que vous pourriez faire à l'écoute de cette interview menée par Calamity Jane ne seront pas enregistrés, et personne, ô grand personne, ne remontera jusqu'à vous pour avoir plus que tendu l'oreille aux propos de Grégoire Hervier. Alors n'hésitez pas à vous y plonger, et si vous voulez même prolonger cette immersion dans Zen City, laissez vous guider dans la description du site effectuée par Gentille Pestouille. Voilà, par contre, si vous voulez bien vous déplacer un petit peu sur la gauche vous êtes un peu à contre-jou....mais non, je ne vous vois pas....Personne ne vous voit. Allez, tous à vos clics !



tilidom.com

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17/02/2009

Peindre au noir / Russell James

Suite au décès de l'un de ses plus proches amis, Sidonie Keene, 85 ans, une femme au panache avéré et à la personnalité bien trempée, se fait un devoir de se rendre aux funérailles. C'est l'occasion rêvée pour Hugo Gottfliesh, un marchand d'art sans scrupules. Il envoie l'un de ses sbires , Ticky, fouiller la maison de la la vieille femme afin de confirmer ses soupçons. Il est en effet persuadé que Sidonie possède encore des tableaux de sa défunte sœur, Naomie Keene, dont l'apparition régulière de toiles sur le marché n'a eu de cesse de faire grimper sa cote. Cette intrusion marquera le début des confessions de la vieille femme, de ce que fut sa vie mondaine dand les années trente en Angleterre et de ses voyages fréquents en Allemagne.

Une nouvelle fois, le Mal incarné par le régime nazi s'invite dans le polar. Du déjà vu apparemment, d'autant qu'il est ici question d'art et de ténébreux secrets que d'aucuns auraient tout intérêt à laisser enfouis. Seulement Russell James aborde sa plongée dans l'Histoire d'une manière tout à fait surprenante, voire dérangeante au premier abord. Il apporte un éclairage nouveau sur certains aspects historiques de l'entre-deux guerres, méconnus, en ce qui me concernait : l'adhésion aux thèses fascistes par toute une partie d'européens encore ébranlés par les ravages de la crise de 29, et admiratifs en quelque sorte de la renaissance de l'Allemagne dans un contexte encore plus ardu.

En donnant la parole à une vieille femme partageant les thèses fascistes, Russell James cherche à ébranler le lecteur (cela fonctionne à merveille) mais en dehors de toute adhésion à l'ensemble des propos de Sidonie, il tend à montrer que le Mal n'était en aucun cas perpétré ni partagé par des monstres, des êtres assoiffés de sang et de revanche coûte que coûte, mais bel et bien par des êtres humains ancrés dans une époque bouleversée, ce qui lui a conféré un poids d'autant plus redoutable.

Néanmoins, c'est à travers ces focus récurrents et cette mise en garde implicite - personne n'est à l'abri - que l'histoire a sombré en cours de route. Elle n'est plus parvenue ensuite à se remettre à flot, pas même avec ses personnages pourtant délicieux et une fin trop vite prévisible.

"Il nous offre un roman noir d'une exceptionnelle tenue, un portrait dense et documenté de la figure du Mal dans toutes ses ambiguïtés.", mentionne la quatrième de couverture. "Documenté". C'est exactement cela. A un point tel que j'ai vraiment eu l'impression que partie documentée et partie fictionnelle ont évolué en parrallèle sans jamais parvenir à se confondre tout à fait, ne permettant pas à ce polar d'accéder au rang de "roman noir exceptionnel".

Intéressant et instructif, certes, mais souvent redondant, Peindre au noir, ne sera jamais parvenu à faire baisser mon désintérêt grandissant.

Peindre au noir, Russell James, traduit de l'anglais par Corinne Julve, Fayard (Fayard noir), 458 p.

13/02/2009

La Fin du monde / Fabrice Colin

La fin du monde, donc. Le titre est déjà suffisamment évocateur, la couverture aussi. Dans un futur proche, trsè proche, les chinois ont franchi le point de non retour, sans que l'on en connaisse les raisons exactes, mais peu importe, le fait est là, ils ont envoyé une bombe nucléaire sur les Etats-Unis. L'escalade est amorcée, répliques à l'appui. Quatre adolescents répartis sur le globe, dont les fils de leur histoire personnelle vont se croiser, assistent à la dégénerescence du monde. Leur seule chance de survie réside dans l'existence d'une base secrète située au Groënland vers laquelle ils vont tenter de converger.

Une simple et brève projection dans le futur. Presque une uchronie en temps réel.

...Et si...

Cela suffit en tout cas pour offrir un récit sans concession, un roman choc, coup de poing, d'une dureté âpre. Un roman qui ébranle par la force de son thème, de ses images, de ses situations, des émotions qu'il véhicule. En ce sens, le périple du jeune chinois, Xian, est bouleversant par bien des apects. Que l'on soit adolescent - le public visé en priorité par la collection - ou moins jeune, nul n'est épargné.

Il n'y a aucune place à l'espoir dans ce livre là, ou si peu. On l'anticipe néanmoins pour la suite qui lui sera donné (parenthèse pour dire que j'aurais préféré avoir toute l'histoire en main plutôt que ce roman trop bref, en fin de compte.), sans être sûr pour autant que ce soit là l'intention de Fabrice Colin. En tout cas, s'il voulait frapper un grand coup, c'est réussi.

CITRIQ La Fin du monde, Fabrice Colin, Mango (Autres Mondes), 2009, 200 p.

08/02/2009

Quelques questions à... Alfred Boudry et Edwin Hill

Il y a quelque temps, je vous avais parlé d’un OLMOepcNI, en la parution de la Bibliothèque Nomédienne aux éditions de l'Atalante. Et l’opportunité m’a été donné de prendre le micro pour le Zinc - l’émission que je ne devrais plus vous présenter - afin d’interviewer Alfred Boudry et l’un des gaillards d’avant, Edwin Hill. Fort heureusement, j’étais accompagné par Marie-Pierre Soriano, alias Calamity Jane, pour m’épauler dans cette première expérience radiophonique… Quand je vous disais que le voyage continuait !


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Bijoux de famille / Laurent Maréchaux

Si je vous parle d’une histoire de famille couvrant trois générations en plein 20ème siècle, vous allez naturellement vous dire qu’il s’agit là d’une immense saga, d’un bon gros pavé où action, secrets et trahisons tiennent le haut du pavé autour de personnages hauts en couleurs. Ce en quoi vous n’avez pas tout à fait tort, hormis qu’il s’agit en fait d’un roman assez court, ce que l’absence de 3D ne vous permet pas de constater ici. Ce qui est surprenant, néanmoins, c’est que parvenu à son terme, l’impression d’avoir brassé l’Histoire, traversé la première guerre mondiale, puis la seconde, celle d’Indochine, d’Algérie tout en faisant en sorte que l’on connaisse chacun des personnages, qu’ils n’aient presque aucun secret pour le lecteur, cette impression, donc, est assez confondante.

La vie des Ivanov demeurerait une succession de malentendus, pavés de bonnes intentions.

C’est en fait sur les hommes de cette famille que se porte toute l’attention. Sur Sacha d’abord, quittant sa Russie natale avec son meilleur ami pour la France afin d’y accomplir ses études, pour finir emporté par le courant de l’Histoire dans laquelle il aura un rôle important à jouer. Tout comme ce sera le cas ensuite pour Igor puis pour Léo. Tous portent en eux les stigmates de cette « malédiction des bijoux de famille », qui consiste à ne pas pouvoir rester en place, qu’il s’agisse de céder aux appels de l’Aventure ou aux charmes des femmes, qu’ils aspirent d’une certaine manière à aimer toutes. Tous, sans exception, sont soumis à la reproduction du schéma paternel, plus que familial, sans parvenir à s’en défaire : la création du lien indéfectible de l’amitié, la participation marquante dans la marche de l’Histoire, la tromperie, donc, et ce fichu orgueil qui les empêche de venir les uns à la rencontre des autres. Seul Léo cherche à reconstituer le puzzle familial, à se démarquer de cette malédiction – sans préméditation ou bravade d’aucune sorte, il est le premier à lire Libération quand les autres pliaient et repliaient le Figaro – qui le ronge, encore et toujours dans ce qu’elle a d’inéluctable et de destructeur.

On pourrait penser, à la lecture de ces quelques lignes ,que les femmes sont écartées de cette histoire. Qu’on se détrompe – même si j’entends déjà Calamity Jane sortir tromblons et colts au traitement qui leur est réservé dans ce livre –, elles aussi, à leur manière, favorisent la continuité de la malédiction et s’affirment sur l’échiquier de l’Histoire.

Avec l’air de ne pas y toucher avec une histoire où l’humour est omniprésent, Laurent Maréchaux s'attaque en fait à des sujets sensibles avec une réelle émotion. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ça fait mouche, avec ou sans gros pavé.

Bijoux de famille, Laurent Maréchaux, Le Dilettante, 252p.

04/02/2009

Acacia. Tome 1, La Guerre du Mein / David Anthony Durham

Le royaume d'Acacia, gouverné par la famille Akaran depuis plusieurs générations, vit de sombres jours. Une attaque de grande envergure visant à le renverser est sur le point de se produire, sans que quiconque ne s'en aperçoive. Les Mein ont tout fait pour que rien ne filtre jusqu'au roi Leodan. L'heure de mettre fin au joug de la lignée Akaran a enfin sonné. Car le royaume d'Acacia, aussi florissant qu'il puisse paraître, ne tire pas sa gloire et son rayonnement dans sa capacité à fédérer les peuples ni de ses valeurs. Depuis des siècles il permet en effet le trafic d'enfants en contrepartie d'une drogue dont les Acacians sont devenus dépendants. Cette pratique, le roi Leodan était prêt à l'éradiquer mais les forces en jeu sont bien trop complexes pour y parvenir facilement. Et le temps a fini par jouer contre lui. L'assassinat dont il est victime ne lui permettra pas d'arriver à ses fins. Néanmoins, dans l'éventualité d'un tel scénario, Leodan avait prévu de séparer ses enfants pour leur assurer la survie et favoriser leur retour pour, qui sait, rétablir un ordre nouveau, plus humain.

C'est vrai que cet ouvrage avait tout pour plaire : un effet « buzz » pas mal ficelé, des critiques élogieuses qui appuyaient sur le fait que non, nous n'étions pas dans une histoire aux clichés retentissants, que l'écriture était agréable... De quoi redonner envie de lire de la fantasy à celui qui aurait subi des déceptions à répétition quand il s'agissait de renouer avec le genre.

Mais...non.

L'histoire est assez prenante dès le début, c'est vrai, on se plaît à ne pas retrouver cette lutte archi-manichéenne dont on connaît à l'avance les tenants et les aboutissants avant d'avoir tout lu. Les enfants du roi Leodan sont attachants dans ce qu'ils offrent de diversité et de profondeur. Mais j'avoue avoir été désarçonné par la longueur de l'ouvrage, et, surtout, par le nombre de points de vues narratifs adoptés qui s'imposent par la force des choses: les enfants exposés tour à tour, Hanish Mein, l'intendant du roi, sans parler de tous les autres protagonistes qui s'inscrivent dans cette histoire. Pas de quoi en perdre son latin pour autant, mais ce processus pourra en gêner certains.

Et puis, tout simplement, je crois ne plus être sensible à l'univers médiéval, aux batailles, à l'aspect stratégico-politique qui touchent à ce genre d'ouvrages.
En revanche, pour ceux qui apprécient vraiment la Fantasy, je ne doute pas qu'ils trouveront en Acacia, un livre prenant et bien fait. Ce fut par exemple le cas de Sandrine Brugot-Maillard et de Bruno Para.

28/01/2009

L'Epouvanteur. Tome 1, L'apprenti épouvanteur / Samuel Delaney ; texte lu par Thierry Wermuth

Tom est le septième fils d'un septième fils. A ce titre, il est tout destiné à devenir épouvanteur dont la lourde charge est de protéger les populations des malédictions qui les frappent, des gobelins,des spectres et autres sorcières aux intentions malfaisantes. Sa mère a tout fait pour que les pouvoirs inhérents à son rang familial, ses perceptions exacerbées, soient utilisées dans ce sens. Et effectivement, quand l'âge vient pour lui d'apprendre un métier, le voilà obligé de quitter la ferme de ses parents pour aller vivre avec Maître Grégory où, en lieu et place d'initiation l'attendent la plus effroyable des aventures.

Dans la série lecture à haute-voix dont vous trouverez le premier épisode ici, avec cette expérience avortée autour de Skully Fourbery, nous avons une fois de plus décidé de ne plus nous disputer le programme télé (pour la forme bien sûr puisque je ne la regarde pratiquement plus). Cette fois-ci, nous nous sommes fiés à une autre voix, celle de Thierry Wermuth, servie par une musique de Rémi Chaurand et Gilles Relisieux. Bien nous en a pris.

Ce qui nous a frappé d'emblée, c'est la manière dont cette voix s'est mise au service du texte, a donné tout son relief au style de l'auteur. J'avais déjà eu l'occasion d'entendre d'autres livres enregistrés auparavant où la lecture à voix haute en révélait sa pauvreté. Et dans ces cas là, ça ne loupait pas, le petit bouton avec un carré représenté dessus faisait des appels au doigt déjà démangé.

Là, non, Thierry Wermuth sert le récit sur toute sa longueur, donne de la consistance à chacun des protagonistes. De variations infimes en minimes inflexions, les personnages sont aussitôt identifiables, quelles que soient leurs intentions, leurs humeurs, ou même leur sexe. C'est d'ailleurs si subtil que l’effet en est surprenant.

Conséquence directe, nous prenions plaisir à écouter le disque lors de nos déplacements en voiture, exécutant un rapide résumé pour savoir où nous en étions restés la fois précédente. L'histoire lancée, nous n'étions plus dans un habitacle métallique mais tantôt dans une maison hantée, tantôt dans un trou habité par un spectre, ou encore dans la ferme parentale où les souvenirs affluaient irrémédiablement. Oui, on a fait un bon petit bout de chemin avec Tom tout en prenant plaisir à l’accompagner dans son parcours initiatique à nul autre pareil. Parfois, j’avoue même qu’à l’occasion de certaines sorties préméd…(mot impossible à effacer entièrement), j’avais pris un peu d’avance.
Ben quoi, fallait bien que je vous en parle !

24/01/2009

Hiver arctique / Arnaldur Indridason

Ça n'aura échappé à personne, le polar nordique a le vent en poupe. Mais si l'effet Millénium est passé par là, il n'en demeure pas moins que d'autres auteurs avaient (heureusement) déjà ouvert la voie, et favorisé ainsi la rencontre avec des pays et des cultures souvent méconnues. On pense bien sûr à Henning Mankell, Gunnar Staalesen, Jo Nesbo pour ne citer qu'eux. Sans oublier bien sûr Arnaldur Indridasson qui s'était fait connaître du grand public avec La Cité des jarres, et qui signe avec Hiver arctique, un superbe dernier ouvrage.

L'Islande. L'hiver, le froid. Un petit garçon assassiné à son retour de l'école, non loin de son appartement. Qui a bien pu poignarder ainsi un enfant que tout le monde s'accordait à dire qu'il était adorable ? Se pourrait-il qu'il s'agisse d'un crime raciste, le petit étant issu d'un père islandais et d'une mère thaïlandaise, divorcés depuis peu ? Son grand frère, dont on n'a aucune nouvelle depuis le meurtre, aurait-il un rôle à jouer dans cette tragédie? N'a t-il pas toujours eu du mal à se familiariser avec ce pays où sa mère l'a fait venir ? A moins qu'il ne soit lui-même en danger... Ce sont là toutes les questions auxquelles vont être confrontés le commissaire Erlendur et son équipe.

L'islande. L'hiver, le froid. Un petit garçon assassiné. Une affaire de femme disparue qui obnubile le détective. Le décor est campé, vous saute à la figure dès les premières pages. Et rien, absolument rien ne semble venir contribuer à éclairer la noirceur qui habite cet ouvrage. L'impact n'en est que plus fort. Comme le souligne à juste titre la quatrième de couverture, il s'agit là d'un roman réellement impressionnant. Pas forcément dans le sens où on serait enclin à le croire dans un premier temps: pas d'effets de manche, encore moins de rebondissements survoltés ou de retournements de situation à faire pâlir. Tout est en fait dans la musicalité, dans la portée de ce qui est véhiculé dans l'ensemble de ce roman et qui prend toute sa force dans une montée en puissance servie par la triste réalité qu'il dépeint.

Un impact fort, donc, qui fait tourner la tête pour la simple raison qu'il touche à une corde sensible, dénuée de tout pathos. La cause n'était pourtant pas acquise dès le départ. Non pas que le fait d'avoir fait la connaissance du commissaire Erlendur avec cette enquête m'ait gêné outre mesure. En fait, dans les premiers moments de lecture la difficulté a été de s'immerger dans la complexité de ce petit pays dont je ne connaissais absolument rien, et de me familiariser avec ses particularités géographiques ainsi que de ses codes.

Erlendur ne m'a pas non plus semblé franchement original. Je n'ai d'abord vu en lui qu'un archétype de l'inspecteur désabusé, divorcé, vivant seul et entretenant des relations plus ou moins conflictuelles avec ses enfants. Le point de vue a pourtant changé, à mesure que la montée en puissance évoquée plus tôt et la complexité du roman se sont faits jour.

Car à travers les personnages, leurs histoires personnelles, et les relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres, le manque de communication, de dialogue et de compréhension – certaines scènes sont surprenantes dans ce qu'elles révèlent de fermeture ou de repli sur soi – Arnaldur Indridason passe au crible le phénomène de l'immigration dans son pays et de toutes les formes de violence qu'il suscite. Il fait état de ces discours simplistes et réducteurs à la peau si dure que l'on entend que trop et qui, sous couvert d'une idée de perte d'identité nationale, ne trahissent en fin de compte que la peur et la méconnaissance de l'autre.
Impressionnant, oui, vraiment.

14/01/2009

Monster / Patrick Bauwen

Paul Becker a ouvert une clinique privée dans sa ville natale, non loin de Miami. Son travail lui prend un temps considérable et sa vie de famille finit par en pâtir. Rien d’irrémédiable en soi, il compte bien traverser ces heures sombres et retrouver une vie paisible auprès de sa femme et de son fils de six ans.
Rien d’irrémédiable si, en passant la porte de sa clinique, un homme dangereux, n’avait oublié son téléphone lors d’une altercation pour le moins musclée. Car sur ce portable figurent quelques photographies inquiétantes, dont l’une d’un enfant kidnappé récemment et une autre où figure le père de Paul lui-même.
Le téléphone sonne…

Amateurs de rebondissements, vous allez être servis ! A la louche ! Jusqu’à l’indigestion…
Pourtant c’est vrai que lorsqu’on se lance dans un thriller on n’aspire presque qu’à ça, la surprise, le retournement de situation qu’on n’aurait même pas imaginé possible. Mais là trop, c’est trop. Du jamais vu en ce qui me concerne.
Alors c’est vrai, Monster se lit assez vite, c’est assez aéré pour cela et bourré de détails inutiles qu’on lit à peine et qui ressemblent farouchement à du remplissage…

Une dame d’un certain âge en tailleur-pantalon strict entre par une porte latérale et dépose un plateau avec deux tasses, des petits pots en plastique pour la crème, et un assortiment de sachets de sucre et d’édulcorants.

… et le mystère du départ est suffisamment prenant pour susciter la curiosité. Mais mis à part quelques moments vraiment excellents où le suspense est bien dosé, il faut lui reconnaître ça, on nage pour le reste entre le téléphoné et le grand-guignolesque. Ah, vous pouvez y aller, envisager toutes les combinaisons possibles, soupçonner tout le monde, à tous les coups on gagne, en quelque sorte. J’exagère si peu. Et à force de révélations, ça en devient navrant. On ose à peine y croire. Alors la fin (ah…la fin… ), c’est la petite cerise qui fait s’écrouler tout ce gâteau déjà bien instable. C’est en tout cas en la lisant que je me suis dit ou plutôt exclamé : « non mais n’importe quoi, n’importe quoi ! ». Et quand j’y repense, parce que j’ai laissé du temps entre le moment où j’ai fini ce livre et la rédaction de ce billet, quand j’y repense, c’est en particulier la fin qui me vient à l’esprit. Et je me dis toujours la même chose.

Mais il y a également un autre aspect qui m’a vraiment agacé même si ce n’est pas propre qu’à Monster. Il y a une tendance dans certains thrillers récents à faire des tueurs en série de véritables puits d’intelligence pendant les ¾ du bouquin et voilà qu’ensuite, ce ne sont tout compte fait rien de moins que des benêts en puissance. Chacun en tire les conclusions qu’il voudra mais il semble évident que cette volte-face ne sert en rien le récit, et aurait même tendance à le décrédibiliser.

Bon, une fois de plus on a cédé à la facilité – ce que ne laissait pas forcément présager l’agréable surprise du l’Oeil de Caine du même auteur - et il y de fortes chances qu’on ait notre Patrick Bauwen tous les un an, un an et demi. On ne m’en voudra pas si je ne me joins pas à cette grande liesse de la nouveauté à l’arrache.
Voyez, je n’ai pas digéré.
Et je ne suis pas le seul apparemment puisque c'est aussi le cas de Laurence.
Peggy, quant à elle, a plutôt apprécié (sauf la fin, comme quoi...)